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"La France de l’océan Indien n’est pas un slogan": Naïma Moutchou veut transformer la coopération régionale en puissance stratégique

Ecrit par S.I. – le samedi 29 novembre 2025 à 14H55

La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a clôturé ce vendredi la 11e Conférence de coopération régionale (CCR) à La Réunion, dernière étape de sa visite officielle dans l’île. Devant les élus, diplomates, représentants de l’État et acteurs socio-économiques, elle a affirmé une ambition forte : installer durablement La Réunion, Mayotte et les TAAF comme des acteurs structurants de l’espace indo-pacifique.

Dès les premières phrases de son intervention, la ministre a insisté sur un changement de paradigme. "La France de l’océan Indien, ça n’est pas qu’un espace géographique. C’est désormais devenu une volonté politique", a-t-elle martelé. Selon elle, les territoires ultramarins de la zone ne se contentent plus d’être de simples points d’appui : ils entendent peser dans les dynamiques régionales et écrire eux-mêmes leur stratégie. “La France de l’océan Indien n’attend plus que d’autres écrivent son histoire à sa place”, a-t-elle souligné, en saluant la maturité stratégique désormais partagée par La Réunion, Mayotte, les TAAF et l’État.

Sécurité, diplomatie, économie : une montée en puissance assumée

Au fil de son discours, Naïma Moutchou a dressé un panorama des avancées observées ces derniers mois. Sur le plan sécuritaire, elle a rappelé le rôle croissant de l’Académie de l’océan Indien dans la gestion des risques naturels, la santé ou encore la sécurité maritime, en lien avec la Commission de l’océan Indien (COI). La coopération régionale s’est également renforcée autour de Mayotte, notamment avec le Kenya, tandis que la signature par l’Afrique du Sud de l’accord INTERREG confirme l’intégration de La Réunion dans les dynamiques régionales de long terme. La ministre a également évoqué la montée en puissance de la diplomatie économique, avec de nouvelles liaisons aériennes vers Johannesburg, Bangkok, et bientôt l’Inde, ainsi qu’un travail plus coordonné entre l’État, les collectivités, l’AFD, Business France et les ambassades. Elle a rappelé que la candidature du port de La Réunion dans le cadre du programme européen Global Gateway constitue un jalon stratégique pour renforcer l’ancrage économique de l’île.

La jeunesse au cœur de la stratégie régionale

Au cœur de cette stratégie, la jeunesse occupe une place centrale. Naïma Moutchou a annoncé la mise en œuvre d’un futur "Erasmus de l’océan Indien", la création d’un office régional de la jeunesse et le développement d’un réseau universitaire régional réunissant l’Université de La Réunion et, à terme, celle de Mayotte. Elle a également évoqué l’ouverture progressive de liens académiques avec l’Inde et l’Australie. Pour la ministre, la mobilisation des jeunes est indispensable : sans eux, "tout reste théorique", mais avec eux, "tout devient possible".

La conférence s’est conclue sur l’adoption d’un document d’orientation stratégique commun, destiné à guider les actions régionales dans les prochaines années. Initialement prévue à Mayotte mais déplacée en raison des conséquences du cyclone Chido, l’édition 2024 de la CCR ne remet pas en cause les ambitions du territoire. La ministre a confirmé que la prochaine édition, en 2026, se tiendra bien dans le département mahorais, qualifié de "pilier" de la communauté d’États insulaires.

"Passer de la coopération à la puissance"

En conclusion, Naïma Moutchou a résumé l’esprit de cette 11e Conférence de coopération régionale : une volonté de "changer d’échelle", d’aligner les priorités et les décisions pour transformer la coopération existante en une véritable force régionale. "Cette conférence nous permet de passer de la coopération à la puissance", a-t-elle affirmé, avant d’appeler à poursuivre la construction d’une "France de l’océan Indien devenue une réalité politique, stratégique et humaine".

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