La face cachée du chocolat
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Difficile de croquer avec légèreté dans une tablette de chocolat après avoir visionné cette courte mais implacable enquête diffusée sur Arte. Le chocolat y prend un goût amer, éclairé par les révélations du journaliste danois Miki Mistrati. Caméra (parfois cachée) à la main, il veut confronter la réalité aux soupçons qui pèsent sur la filière : en Côte d'Ivoire, les producteurs emploieraient des enfants esclaves pour ramasser les fèves de cacao.
Des villages du Mali, où les gamins sont enlevés, jusqu'aux plantations de Côte d'Ivoire, où ils triment pour des nèfles, le reporter trouve vite les preuves, désolantes, de ce qu'il soupçonnait. Questionné, Alim Lakiss le patron du premier exportateur national, SAF Cacao, nie les faits. Quant au secrétaire d’État ivoirien chargé de la lutte contre le trafic d'enfants, il évoque, sans rire, "des colonies de vacances". Les géants de l'agroalimentaire, qui font leur beurre grâce aux 15 milliards de tablettes vendues chaque année dans le monde, restent eux silencieux sur le sujet, forcément pas très bon pour leur communication. Ils ont pourtant signé, il y a dix ans, un accord qui prévoit l'interdiction du travail des enfants dans les plantations." *
Après avoir visionné ce reportage, c'est fini, je ne mangerai plus de chocolat car je ne veux pas être complice de l'esclavage de ces enfants africains (en provenance du Mali, du Burkina Faso, du Bénin, entre autres) exploités par la Côte d'Ivoire le plus gros producteur de cacao. Chaque enfant est vendu 230 euros pour travailler toute sa vie gratuitement.
Face au black-out des industriels, le journaliste a organisé en désespoir de cause une projection de ses images accablantes devant le siège de Nestlé. Il n'a obtenu pour seule réaction que celle de la police suisse, venue le déloger...
Dominique


