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La Cour des comptes tire la sonnette d’alarme sur le budget 2026 et le déficit de la Sécurité sociale

Ecrit par G.D. – le lundi 3 novembre 2025 à 16H00

Alors que l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) débute cette semaine, la Cour des comptes alerte sur la dérive des finances publiques et un déficit de la Sécurité sociale qui atteindra 26 milliards d’euros cette année. Les magistrats redoutent une “crise de liquidité” à moyen terme.

La Cour des comptes multiplie les avertissements. Dans un rapport publié lundi 3 novembre 2025, l’institution financière tire à nouveau la sonnette d’alarme sur la situation budgétaire du pays, à l’heure où l’Assemblée nationale examine le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Son diagnostic est sans appel : la trajectoire des finances publiques françaises “échappe au contrôle” et menace, à terme, la soutenabilité du modèle social.

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Selon les magistrats financiers, le déficit de la Sécurité sociale atteindrait 26 milliards d’euros en 2025, contre 10,8 milliards en 2023. L’Assurance-maladie concentre la majeure partie du déséquilibre, avec près de 17 milliards de pertes. La Cour évoque une “dérive structurelle” alimentée par les dépenses de santé, la revalorisation des prestations sociales et la faiblesse des recettes.

Le projet de loi pour 2026 prévoit de ramener ce déficit à 17,5 milliards d’euros. Un redressement que la Cour qualifie de “fragile” et “reposant sur des hypothèses économiques optimistes”. Elle note que l’essentiel des économies annoncées dépend de mesures encore floues ou politiquement incertaines. “Le consensus politique nécessaire à leur mise en œuvre n’est pas établi”, préviennent les rapporteurs.

Un risque de “crise de liquidité”

Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes, n’a pas mâché ses mots. Il estime que la dette sociale pourrait croître de 110 milliards d’euros d’ici à 2029, posant “un problème de soutenabilité et de financement de nos régimes sociaux”. Déjà en mai dernier, la Cour alertait sur un risque de “crise de liquidité à court terme” susceptible de mettre en danger la trésorerie du système.

Cette alerte intervient dans un contexte de tension budgétaire généralisée. Le déficit public a atteint 6 % du PIB en 2024 et la dette dépasse désormais 3.300 milliards d’euros, soit 113 % du PIB. La charge de la dette, en forte hausse avec la remontée des taux, atteint 70 milliards d’euros par an contre 25 milliards en 2021.

Pour Pierre Moscovici, la France doit impérativement “tenir le déficit sous 5 % du PIB en 2026” et viser un retour sous les 3 % d'ici à 2029. Il appelle à “des économies importantes, parfois difficiles”, partagées entre l’État, les collectivités et la Sécurité sociale. Faute d’efforts structurels, le pays risque selon lui un “effet boule de neige” sur sa dette et une perte de crédibilité financière en Europe.

Un contexte politique incertain

L’examen du budget 2026 se déroule dans un climat politique tendu. Le gouvernement Lecornu, sans majorité, s’est engagé à ne pas recourir à l’article 49.3, rendant l’issue du vote incertaine. “Nous vivons le moment le plus parlementaire de la Ve République”, observe Moscovici, non sans ironie.

Les débats, qui devaient s’achever le 4 novembre, ont été prolongés jusqu’au 23 novembre, dans une atmosphère électrique où la droite, la gauche et l’extrême droite s’opposent à la majorité présidentielle. Une instabilité politique qui, selon la Cour, fragilise encore les chances de redressement budgétaire, pourtant jugé “crucial pour éviter un déclassement économique de la France en Europe”.

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