La commercialisation de la viande de requin reste interdite à La Réunion

Le tribunal administratif a rejeté la requête de l'association Elio Canestri demandant l'abrogation de l'arrêté de 2009 interdisant la commercialisation de la viande de requins tigres et bouledogues. L'association VAGUES salue une décision qui préserve la biodiversité et la santé publique.
La décision est tombée le 6 janvier dernier : le tribunal administratif de La Réunion a rejeté la requête de l'association Elio Canestri visant à faire abroger l'arrêté préfectoral de 2009 interdisant la commercialisation de la viande de requins tigres et bouledogues.
Dans son jugement, le tribunal souligne que l'association requérante ne justifiait pas d'un intérêt à agir en raison d'une modification statutaire non déclarée en préfecture. "Il ressort des pièces du dossier, et notamment de ses statuts, que l’association requérante vise principalement à mettre en œuvre des actions visant à promouvoir la cohabitation avec la nature et à honorer la mémoire d’Elio Canestri. Si l’association a son siège à La Réunion, eu égard à son objet statutaire, formulé de manière particulièrement large et imprécis sur le plan matériel, elle ne justifie pas d’un intérêt à agir contre l’arrêté litigieux, qui vise à interdire la commercialisation de viande de requins tigres et bouledogues à des fins de protection de la santé", indique le tribunal administratif dans sa décision. Ce rejet intervient après plusieurs années de bataille juridique marquées par des recours similaires.
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"Des enjeux aussi sérieux que la santé publique et la protection de la biodiversité"
L'association VAGUES, qui s'était jointe au contentieux pour défendre le maintien de l'arrêté, se félicite de cette décision. Son président, Didier Dérand, a déclaré : « Cette affaire démontre que les actions précipitées et mal préparées ne peuvent prévaloir face à des enjeux aussi sérieux que la santé publique et la protection de la biodiversité. » Le communiqué de l'association rappelle également que « les requins tigres et bouledogues, espèces migratrices, jouent un rôle clé dans l'équilibre des écosystèmes marins de l'océan Indien ».
De son côté, le tribunal a souligné la pertinence des arguments des associations intervenantes, dont Sea Shepherd et Le Taille-Vent, qui ont fait valoir le principe de précaution face aux risques de contamination par ciguatoxines.
Alors que le collectif "Requins en Danger" célèbre cette victoire, les regards se tournent vers l'avenir. « À quand le prochain round ? » ironise Didier Dérand dans son communiqué, en allusion aux démarches répétées de l'association Elio Canestri. Mais pour l'heure, la commercialisation de la viande de requin à La Réunion reste bel et bien interdite.
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