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La Chambre des métiers et de l’artisanat de La Réunion confortée par la Chambre régionale des comptes

Ecrit par S.I. – le mardi 2 septembre 2025 à 17H37

La Chambre de métiers et de l’artisanat de La Réunion (CMAR) reste fragile malgré des progrès salués par la Chambre régionale des comptes (CRC). Entre modernisation et difficultés budgétaires, l’institution consulaire se veut vigilante pour les prochaines années.

Réunie en assemblée générale ce mardi 2 septembre 2025, la Chambre de métiers et de l’artisanat de La Réunion a examiné le rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes portant sur sa gestion entre 2019 et 2024. Ce document met en lumière les avancées de l’établissement tout en pointant plusieurs axes d’amélioration.

La CRC salue le rôle structurant de la CMAR dans l’économie locale, notamment par ses actions d’appui aux entreprises et de formation professionnelle. Elle souligne aussi la modernisation engagée depuis 2024 à travers le plan Cap 2027!, avec la création d’une direction du marketing et de la relation client, le déploiement de l’outil CRM Salesforce et le lancement du Pass CMA Liberté.

"Par ses missions d’appui aux entreprises et ses actions de formation, la CMAR est appelée à contribuer au développement du territoire", note le rapport qui met également en avant une offre de formation diversifiée et de qualité, allant du CAP à la licence professionnelle.

Des finances assainies mais fragiles

Sur le plan budgétaire, la CRC constate des résultats positifs : comptes certifiés, réduction progressive des déficits, endettement modéré et masse salariale maîtrisée. La gouvernance est jugée solide, avec des instances régulières et une charte éthique actualisée pour les élus.

Néanmoins, la juridiction financière appelle à consolider la stabilisation engagée. Les recommandations portent sur une meilleure gestion de trésorerie, le renforcement du contrôle interne, la mise en place d’un inventaire patrimonial et le développement d’un suivi des coûts par activité. Le soutien à l’apprentissage constitue aussi un enjeu majeur, avec la nécessité de dynamiser les entrées et de prévenir les décrochages.

Bernard Picardo, président de la CMAR, reconnaît que la situation reste fragile : "Même si nous avons présenté des comptes équilibrés ces dernières années, en 2024 nous étions en déséquilibre d’environ -150 000 euros. Cela montre que nous devons rester vigilants. La situation n’est pas catastrophique, mais elle est difficile, comme l’économie réunionnaise."

Une trajectoire de modernisation confirmée

Face à ces recommandations, la CMAR a déjà enclenché plusieurs actions correctives : amélioration des process de facturation et d’achats, négociations avec la Région sur le conventionnement des infrastructures, renforcement des équipes financières et mise en place d’un tableau de suivi des recommandations.

Le président rappelle que le plan Cap 2027 vise à "restructurer l’ensemble des services de la CMAR et retrouver une situation financière plus saine". Mais il insiste aussi sur les défis à venir : baisse du chiffre d’affaires en 2024, incertitudes sur 2025 et dépendance forte à la formation, qui représente près de 60 % du budget global.

"Nous devons être vigilants sur chaque euro et continuer à mutualiser nos moyens, notamment avec la Chambre de commerce et d’industrie", explique Bernard Picardo, qui attend beaucoup de la majoration prévue de 10% des coûts de contrats d’apprentissage dans les Outre-mer dès 2026.

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