La carrière de Patelin doit répondre aux besoins en matériaux pour le logement et la NRL

La société Prefabloc Agrégats et les services de l'État ont été confortés par le tribunal administratif de La Réunion, qui a rejeté les recours des riverains tendant à faire annuler l'autorisation accordée au projet d'exploitation d'une carrière de matériaux dans le quartier de Patelin, à Saint-André.
Désormais, plus rien ne s'oppose à l'extraction de matériaux dans le quartier jusque-là préservé de Patelin, une zone essentiellement vouée à la culture de la canne à sucre située en bordure de la rivière du Mât à Saint-André.
Dans une décision en date du 1er octobre, le tribunal administratif de La Réunion a rejeté un à un les nombreux arguments développés dans deux recours en annulation de l'arrêté préfectoral du 11 août 2022 autorisant la SAS Prefabloc Agrégats à exploiter une carrière d'extraction de 16 hectares (pour une emprise totale de 23 hectares) sur une durée de 25 ans, un site de concassage et une zone de stockage des matériaux inertes.
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Les recours avaient été formés par des riverains, dont la plupart est regroupée au sein de l'association Guep, laquelle s'était entourée d'un avocat spécialisé dans les questions environnementales.
Pas plus d'eau consommée que pour cultiver de la canne à sucre
Des préoccupations pour la préservation de la planète qui s'opposent, comme toujours, à d'énormes intérêts financiers, mais aussi à des réalités locales, comme des besoins en matériaux toujours plus importants.
« L’étude d'impact fait le constat que la capacité de production réunionnaise est insuffisante pour répondre aux besoins actuels de l’île, ainsi qu’aux projets prévus dans les années à venir, tels que la construction de nouveaux logements et la poursuite du chantier de la nouvelle route du littoral », relève le président du tribunal dans sa décision.
Le décor est planté. Tout au long du délibéré aussi touffu que technique de seize pages, la juridiction administrative s'attache à démontrer que l'étude d'impact menée en amont de l'enquête publique aurait parfaitement répondu aux règles de l'art, non sans une certaine forme de cynisme, comme lorsqu'il est question des mesures d'arrosage visant à limiter la poussière soulevée par les camions.
« S’il est vrai que le volume d’eau destiné à ces mesures n’est pas négligeable, il résulte de l’instruction qu’il n’est pas supérieur au volume d’eau nécessité par la culture de la canne à sucre sur une surface équivalente », lit-on dans la décision du tribunal. La RD 47 serait par ailleurs « dimensionnée et adaptée au passage des poids lourds », tandis « que le transport induit par la carrière entraînera, au niveau de la RD47 une faible augmentation du bruit, de l’ordre de trois décibels, compte tenu des mesures correctives mises en place par la société pétitionnaire. »
Pas besoin de dérogation pour la destruction des espèces protégées
Toujours concernant l'étude d'impact sur les poussières, le tribunal considère comme suffisant le fait que des mesures correctives soient prévues en cas de dépassement des limites autorisées, malgré les réserves émises par l'ARS.
Concernant les espèces mises en danger par la future carrière de Patelin, en l'occurrence « une espèce d’insecte, une espèce de reptile, trois espèces d’oiseaux, deux espèces de mammifères terrestres et une espèce aquatique au nombre de celles énumérées aux articles 2 à 4 de l’arrêté du 17 février 1989 fixant des mesures de protection des espèces animales représentées dans le département de la Réunion ainsi qu’à l’annexe de l’arrêté du 6 janvier 2020 fixant la liste des espèces animales et végétales à la protection desquelles il ne peut être dérogé qu’après avis du Conseil national de la protection de la nature », le tribunal conclut que Prefabloc Agrégats n'avait pas nécessité d'effectuer une demande de dérogation à l'interdiction de destruction des espèces protégées.
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« Les risques de mortalité et de perturbation de la faune sont pour l’essentiel cantonnés à la phase préparatoire de l’installation », balaie la juridiction administrative, qui souligne par ailleurs que les réserves soulevées par les Bâtiments de France, l'ARS et la CDPENAF n'ont pas de valeur contraignante.
En plus de voir tous ses moyens rejetés, l'association GUEP est condamnée à mettre à la charge de la SAS Prefabloc Agrégats la somme de 2.000 euros. Un coup dur financier pour les riverains, qui envisagent de se pourvoir en appel devant la cour de Bordeaux. Ils ont donc lancé une cagnotte en ligne pour récolter des dons de soutien.


