L'infirmière suspectée de fraude et écrouée retrouve la liberté

N'ayant pas respecté ses obligations, Théotisse T. avait été incarcérée à l'issue d'un débat devant le juge des libertés et de la détention. Mais son conseil sur place, Me Chantal Laguerre, pas d'accord avec les observations faites par le parquet, a immédiatement interjeté appel de cette décision.
On lui reproche le détournement de 1.242.000 euros au préjudice de la CPAM et de 86 000 euros au préjudice de la Camivac (Caisse d'assurance vieillesse invalidité et maladie des cultes). La somme de 150.000 euros a été saisie à l’issue de l’enquête et le parquet avait requis 400.000 euros de caution mais le tribunal a retiré cette demande. Lors de l’enquête, il est découvert 12 comptes bancaires largement garnis, trois contrats d'assurance vie et quatre biens immobiliers payés comptant.
Lors de sa mise en examen, la mise en cause avait été placée sous contrôle judiciaire avec des interdictions de contact, notamment "avec les patients et les collaborateurs auditionnés" précise la cour.
C’est ce qui lui a été reproché par le juge des libertés et de la détention (JLD) ainsi qu’un contact avec un médecin entendu au cours de l’enquête et à qui elle aurait remis des ordonnances falsifiées. Le JLD avait ainsi ordonné alors son placement en détention provisoire jusqu'au procès prévu le 15 novembre prochain.
Pour sa défense, elle Théotisse T. indique qu’elle a pris contact avec sa collaboratrice qui gère actuellement son cabinet dans l'objectif de le vendre. Son avocate précise que la liste des patients et des collaborateurs entendus n’a pas été remise à sa cliente lors de son placement sous contrôle judiciaire. "Les avocats de la défense n’ont par ailleurs pas eu accès au dossier pénal juste une synthèse et ne peuvent que supposer qui apparaît sur cette liste" ajoute la robe noire.
L'infirmière a finalement été remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact avec les infirmières remplaçantes dont les noms ont été donnés par la cour ainsi que les sept médecins auditionnés dans l’enquête et les patients. La sexagénaire a interdiction d’exercer et de se rendre à son cabinet de Sainte-Clotilde.


