Karly

En réponse a la politique métropolitaine du « pays la fré » il est de bon ton de mettre les cases a leur place et faire un acte de recherche ethnologique et savant. Nous indiens sommes trop souvent brimés, caricaturés que ce soit dans l'espace public, professionnel et les jours approchants noël, l'espace religieux.
Nous devons toujours faire un double effort pour expliquer expliquer et après nous devons...expliquer. ..
Karly concilie les différents cultes, elle touche la « grande tradition » autant que les cultes secrets, magiques.
On a tous souvent tendance à nier le fond culturel, l héritage de l’Inde concernant notre propre culture croyant que ce qui se fait dans l’île proviendrait d’une sorte de « génération spontanée », que cela ne vient d’aucune tradition. Elle est présente dans les temples de plantation. Certains essaient de faire disparaître son caractère sanglant et de l-intégrer au panthéon des divinités de la « grande tradition ».On voit alors l-ajout sur le coté de nouveau dieu en rouge. Est- ce un retour a une tradition de sang, une transformation du dieu ? Elle est considérée comme « impure » par amour des sacrifices.
En Inde elle protège des esprits de la foret. Celui qui parvient à entrer en possession du dieu dispose de force magique. Pour les plus grands philosophes elle est la divine mère. On doit alors abandonner notre personnalité pour une plus proche du dieu. Pour Aurobindo elle amène à la libération. Pour les Lois de Manou : « Tuer dans le sacrifice n’est pas tuer ». Tout change. Ainsi, le renouveau « tamoul » se démarque de la tradition. Sous l-influence des nouveaux prêtres on ne parle plus d-avsyon mais de puja. Pourtant le culte de kali ou karli date de 3000ans av JC. Elle a d-autres noms :Vilamakali, considéré comme puissante ,Patélékali, Massalankali,qui prend en charge les morts. Souvent la bourgeoisie végétarienne se désolidarise de son culte.
Pour certains, les cheveux au vent, c-est le temps, la guirlande crâne humain est le principe de causalité, le poignard est une parabole pour les horreurs de la vie. Elle est la victoire du bien sur le mal. Elle est la parèdre de shiva. Elle est la main qui détruit et la main qui donne. Shiva allongé représente la base de l’univers. Les crânes autour du cou signifient qu-elle coupe l-orgueil des gens. Vénérée au Bengale, ses temples sont Kalighat et Dakshineshvara, ou Ramakrisna fut le prêtre. Sa pratique au temps où la Réunion ne comportait pas autant d-influence extérieure, fait que l-on recourait souvent à des chapelles en pleine nature, entourés d-éléments propres à l-Inde et qui jouent un rôle dans la civilisation indienne. Une civilisation tournée vers la nature, ou l-homme était en contact direct avec des forces, obscures pour nous.
La religion était alors principalement un art de vivre, chaque plante avait son rôle, chaque humain pris indépendamment. Karly au fond n-est alors que le reflet de nous même, notre coté obscure, qui comprend un fond des temps ancien ou l-âme n-était pas polie par la société. C-est notre « puissance divine » et pour ceux qui ne la comprenne pas et la récuse au sein du panthéon indou, il ne bafoue au fond que leur propre identité car karly n’est pas démoniaque. L-homme ne prend au fond que ce qui l-arrange, a savoir un panthéon aseptisé, ou même le dieu n-a plus le droit d-être lui-même. Où tout est hiérarchie. Karly est celle qui fait fi des transcendances ou concession. Elle coupe le nœud gordien de nos existences, à savoir une coupure entre ce que nous sommes et ce que nous voulons être.
Elle nous montre que parfois il faut une sorte de violence à nous même pour exister. Au fond nous avons déjà perdu beaucoup de nos coutumes. Le remplacement des dieux se fera de façon accélérée et sans que l-on s-en émeuve nous même. Karly ne sera alors plus qu-un dieu d-autrefois, et l-on dira : « ou l-homme dans ce temps était barbare. »
Elle montre l'extase, la transcendance et enfin la catharsis. Cette polémique montre surtout le niveau de non réalité, de non tolérance, de non instruction de certains peuples.


