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Justice : Troubles psychiatriques et violences, la prison en réponse des limites d'un système

Ecrit par Régis Labrousse – le vendredi 30 mai 2025 à 06H07

Un trentenaire comparaissait dans le cadre d'une comparution immédiate pour des faits de violences. Outre le caractère répétitif d'un comportement violent, cette affaire met en exergue le lien étroit entre la justice et la psychiatrie, mais également les limites d'un système.

Nick J., 35 ans, devait s'expliquer à la barre du tribunal judiciaire de Saint-Denis des faits de violences sur sa sœur, commis le 13 mai dernier à Saint-Paul. Alors qu'elle nettoyait la varangue de la maison familiale, il surgit et lui envoie une bouteille d'eau au visage. Surprise par la violence du geste, elle lui retourne un verre qu'il parvient à esquiver. S'ensuit un déferlement de violences du prévenu sur sa sœur. Il se munit d'un sabre, la menace de la tuer puis se rapproche pour lui asséner un coup de poing au visage. Il poursuit son agression en lui serrant le cou à deux mains pour l'étrangler. Elle parvient malgré tout à le repousser.

Elle s'enferme ensuite dans la maison avec sa mère, qui, elle aussi, est souvent victime de violences de sa part. Les gendarmes sont appelés et interpellent l'agresseur. Il est placé à l'établissement public de santé mentale de Saint-Paul dans un premier temps puis en garde à vue. En effet, son dossier fait état de troubles psychiatriques. Il reconnaît les faits dans l'ensemble, à l'exception du coup de poing qu'il définit comme une claque. À la barre, il reste sur la même ligne de défense. Le débat se porte rapidement sur ses problèmes psychiatriques. Il est atteint de troubles et, au moment des faits, était en rupture de traitement. Ajoutez à cela sa consommation de drogues et d'alcool et le voilà de nouveau devant le tribunal pour violences.

"Il n'est pas normalement constitué dans sa tête"

"Depuis trois jours, il n'est plus le même qu'avant, sinon c'est un bon garçon", indique sa mère aux enquêteurs. Sa sœur, présente à l'audience, demande, pour sa part, au tribunal de "trouver une solution pour qu'ils puissent vivre en paix avec sa mère". Le casier du prévenu fait état de 7 mentions dont 4 pour des violences, la plupart sur sa mère. Il est en plus sous le coup d'un sursis probatoire. Comme l'indique la procureure, "il est accessible à une sanction pénale, mais ce n'est pas un prévenu comme les autres, il n'est pas normalement constitué dans sa tête". La magistrate insiste : "il doit comprendre qu'il faut que cela cesse et doit stopper la prise de drogue et d'alcool". Elle requiert 8 à 10 mois de prison avec maintien en détention.

"Ce type de dossier est compliqué car il est évident qu'il relève du médical", répond la défense avant d'ajouter : "Qu'on le condamne à une peine courte ou longue, ça ne l'empêchera pas de passer à l'acte parce qu'il lui est impossible de faire une introspection pour se remettre en cause. Il a des problèmes psychiatriques, il ne se rend pas compte de cette nécessité". La robe noire plaide pour un accompagnement par des soins en lieu et place d'une incarcération. "Alors quelle réponse pénale apporter ? La prison ? Ça n'empêche pas la récidive !", conclut la défense.

Malgré la mise en exergue de la nécessité de soins par la défense, le tribunal, s'appuyant sur le parcours judiciaire du prévenu, prononce une peine de 6 mois de prison avec maintien en détention.

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