Jets de colis en prison : Deux lanceurs rejoignent leur marchandise

Le jet de colis, vous connaissez ? C'est un sport en pleine expansion qui se pratique aux abords des prisons. Il consiste à ravitailler en fournitures diverses - téléphones, stupéfiants - les détenus qui purgent leur peine. Le 11 octobre dernier vers 16h15, deux individus en noir ont été repérés en plein entrainement aux abords de la prison du Port. Rapidement, la police intervient et interpelle l'un deux qui n'a pas eu le temps de fuir. Les colis contiennent du zamal et des téléphones. Le second est interpellé le lendemain à son domicile qui sera ensuite perquisitionné. La police y trouvera un demi-gramme de crack.
Bien connus des services de justice, ils sont placés en garde à vue puis déférés au tribunal afin d'être jugés ce lundi dans le cadre de la comparution immédiate. À la barre, Yassar O.20 ans, et Nolan Z., 21 ans, reconnaissent les faits, ils indiquent tous les deux avoir agi sous la menace et la pression de deux détenus. Ils expliquent qu'ils ont envoyé des individus chez eux afin de le forcer à commettre ce délit, menaçant leurs familles aussi. Le mode opératoire est simple, l'un lance quand le second fait le guet et vice versa.
"Il n'y a pas que moi qui fait ça, ça se fait partout. Au Port, à Saint-Pierre et à Domenjod"
Compte tenu de leurs casiers respectifs, 7 mentions pour Yassar O. et 4 mentions pour Nolan Z., il s’agit sans nul doute de deux anciennes relations de détention. Pour sa part, Yassar O. reconnaitra plusieurs envois en garde à vue, ce qu'il réfute ensuite à la barre. Fort de l’exception de nullité déposée par son avocat en raison de la signification tardive de ses droits lors de son placement en garde à vue, il explique à la présidente pour se dédouaner : "Il n'y a pas que moi qui fait ça, ça se fait partout. Au Port, à Saint-Pierre et à Domenjod", le tribunal appréciera.
Idem pour les stupéfiants retrouvés chez lui : "C'est pas à moi, il y a plein de gens qui squattent dans ma chambre". Pour le parquet, "Les comparutions immédiates pour des jets de colis devraient se systématiser car c'est ravitailler des gens qui sont privés de libertés", fustige la procureure qui requiert un an de prison pour Yassar O. et huit mois pour Nolan Z., Le maintien en détention est demandé pour les deux anis qu'une interdiction de se présenter aux abords de la prison du Port.
"Rien ne prouve que les stupéfiants sont à lui"
"Il reconnait les faits mais vit dans un environnement compliqué. Les pressions ne sont pas négligeables, il faut en tenir compte", plaide le conseil de Noman Z. La défense de Yassar O. reste sur la même ligne se basant sur l’exception de nullité de la garde à vue. "Il n'est pas le seul à vivre dans cet appartement, rien ne prouve que les stupéfiants sont à lui. Pour les jets de colis du mois de septembre, je demande la relaxe. Il reconnait les faits du 11 octobre mais la peine demandée parait disproportionnée", plaide la robe noire.
Le tribunal retient l’exception de nullité déposée et relaxe le Yassar O. des faits du mois de septembre. Pour le reste, il sont reconnus coupables, Yassar O. est condamné à 1 an de prison et Nolan Z. à 8 mois ferme. Ils sont maintenus en détention pour exécuter leurs peines.


