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Jaloux du maire de St-Pierre, a-t-il vraiment voulu immoler l’amour de sa vie ?

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 14 novembre 2014 à 11H06

Ils totalisaient plus de 25 ans de vie commune et ont eu trois grands et beaux enfants. Pourtant, un jour maudit, il l’a aspergée d’essence, en a fait autant sur lui-même et menacé de craquer l’allumette qu’il tenait à la main.

Comment ont-ils pu en arriver là ? L.V., grande et belle jeune femme, est secrétaire du maire de Saint-Pierre. Lui, H. P., petit entrepreneur en espaces verts, gros travailleur, a bénéficié de nombreux contrats communaux. Tous deux honorablement connus.

"Un couple victime des commérages et de la beauté de cette femme", a sobrement dit Me Max Hoareau avec sa délicatesse coutumière. Ce qui n’explique rien.

Il faut dire que lorsque cette affaire a éclaté, la commune de Saint-Pierre en est restée comme deux ronds de flan car personne n’y a compris goutte. HP est connu de tous, apprécié de tous. Qualifié de calme, serviable, bon copain, gros travailleur, non fumeur, non buveur, il n’a jamais encouru seulement une contravention ni, encore moins, donné à penser qu’il pouvait péter les plombs à ce point. Fallait-il alors qu’il en eût très gros sur la patate ? Les débats n’ont apporté qu’un peu de lumière sur cette malheureuse histoire dont bien des points sont restés dans l’ombre.

Et d’abord : où, hormis l’accusé, sont restés les protagonistes, le sénateur-maire de Saint-Pierre et l’ex-compagne du prévenu ? Car cet homme est quand même passé à deux doigts des assises ! On a manqué d’explications, là…

A partir de 2008, le ménage fout le camp à vau-l’eau. Dans ses déclarations aux enquêteurs, l’épouse dit qu’il était devenu un tyran domestique, épluchant son téléphone, lui interdisant de conduire, surgissant à l’improviste sur son lieu de travail, l’espionnant sans cesse.

Sa version à lui est toute différente : il ne supporte plus les infidélités qu’il prête à sa compagne, infidélités que la rumeur communale ne fait qu’amplifier.

Un témoignage capital sur ce point : "Le ladi lafé est plus pratiqué dans les locaux communaux que le travail administratif", nous confiait une employée communale venue apporter son soutien à HP. Elle-même vient de subir une semaine d’hospitalisation pour stress intense.

HP n’a pas supporté que sa concubine reçoive (et accepte) des cadeaux de prix du sénateur-maire, chaussures de grand faiseur, parfums de luxe. Le généreux donateur a dit aux enquêteurs qu’il a l’habitude de récompenser ainsi ses collaboratrices zélées. Toujours est-il que ces "petits" cadeaux et autres récriminations d’ordre ménager ont valu par deux fois à la compagne de recevoir des gifles. Que HP met sur le compte de l’énervement.

A partir de là, même si la cohabitation persiste, les concubins font chambre à part. Jusqu’à l’étincelle fatale, si j’ose m’exprimer ainsi.

Dans un local communal, HP surprend sa compagne enlaçant le sénateur-maire. Elle, elle a prétendu aux enquêteurs que Michel Fontaine souffre des yeux et qu’elle lui administrait un collyre.

HP a-t-il réellement eu l’intention d’enflammer son amour et s’immoler à ses côtés ? Il prétend que c’était pour l’obliger à parler "car elle ne disait rien depuis longtemps ; je voulais qu’on ait une explication ; je ne voulais pas forcément mettre fin à notre vie commune, mais parler, juste parler", dit-il avant de fondre en larmes ; ce qui a poussé la présidente Ramage à interrompre l’audience quelques minutes, le temps qu’il reprenne ses esprits.

D’un bout à l’autre de l’instance, HP ne variera pas : il n’avait aucune intention de mettre ses menaces à exécution, surtout pas devant leurs enfants effarés,  assistant à la terrible scène.

HP a aujourd’hui fait, semble-t-il, le deuil de sa vie conjugale. Selon les diverses expertises psychologiques, cet homme d’intelligence normale vit dans une perpétuelle et forte tristesse, n’a plus d’appétit, a conscience de sa culpabilité et n’est absolument pas dangereux.

Me Boyer-Roze, pour la victime, a insisté sur le fait que cette femme veut vivre sans l’impression de menace pesant sans cesse sur ses épaules, sans harcèlement. "Après des débuts sereins, elle a ensuite vécu dix ans sous sa coupe. L’a-t-elle trompé ? On ne sait, mais… ils n’étaient pas mariés !" Oups !

Le procureur Martin Genet a souligné une violence aggravée par les liens du mariage et les moyens utilisés, la terreur de la victime et des enfants, insistant (ça n’est jamais de trop) sur le fait "que les violences n’ont jamais lieu d’être !"

Me Hoareau n’a pas cherché à justifier les actes de son client, surtout pas en rejetant la faute sur une tierce personne. Le défenseur a mis en lumière le contexte de l’affaire, l’ambiance (un peu) spéciale que crée le travail en commun au sein d’un groupe nombreux, "l’effet d’entonnoir" et les dégâts terribles des ladi lafé. "Un couple victime des commérages et de la beauté d’une femme".

HP repart avec une condamnation à 18 mois dont six avec sursis. Il devra rester loin de la rue où habite son ex ; ne pas s’approcher à moins de 50 mètres de la mairie de Saint-Pierre ni de sa victime si par hasard leurs chemins se croisaient ; payer 1000 euros d’amendes et recevoir des soins.

 

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