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J-Y Minatchy juge "scandaleux" les propos de Lurel sur la fin des quotas sucriers

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 15 novembre 2013 à 16H41

Les déclarations du ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, lors de son audition au Sénat, sur la fin des quotas sucriers ne sont pas passées inaperçues à la Réunion.

Des propos jugés "scandaleux" par Jean-Yves Minatchy, le président de la CGPER, malgré la tentative de retropédalage initiée par le cabinet de Victorin Lurel jeudi soir.

Dans le communiqué publié jeudi soir, Victorin Lurel "tient à rappeler que le gouvernement n'a eu de cesse de défendre la filière canne, sucre et rhum des Outre-mer depuis 18 mois, en particulier dans le dossier de la fiscalité des rhums devant l'Union européenne. La volonté de préserver l'avenir de cette filière nécessite d'anticiper collectivement avec les élus et les professionnels des outre-mer les conséquences de la fin des quotas sucriers prévue pour la campagne 2017. (...) L'enjeu est bien le confortement de la filière et ses perspectives de développement dans ce nouvel environnement".

Mais pour Jean-Yves Minatchy, cela n'enlève pas les propos tenus au palais du Luxembourg, où Victorin Lurel a pour la première fois évoqué "une reconversion de la filière canne".

"C'est vraiment grave, c'est un scandale !  Le masque est tombé, explique-t-il. Jusqu'à présent, c'était l'Union Européenne qui remettait en cause le fonctionnement de la filière canne. Maintenant, c'est le gouvernement français, via son porte-parole Victorin Lurel, qui la remet en cause", souligne le président de la CGPER, qui s'inquiète du devenir des "3.800 planteurs et des 15.000 emplois générés par la filière canne-sucre".

"S'il y a une baisse au niveau des financements de l'Union Européenne ou de la France pour l'agriculture en général, ce sera au gouvernement de gérer l'explosion sociale à la Réunion", prévient Jean-Yves Minatchy. "Si on transforme les hectare dédiés à la canne en prairies ou en terres pour maraîchage, que vont devenir les producteurs et les maraîchers de l'île ?", se demande-t-il par ailleurs.

Sécheresse : "Les négociations sont en bonne voie"

Jean-Yves Minatchy, dont le syndicat demande des mesures d'urgence pour compenser les difficultés des planteurs liées à une sécheresse sans précédent, est par ailleurs autant préoccupé par les négociations actuellement en cours à ce sujet que par les déclarations du ministre.

"Les négociations sont en bonne voie", souligne le vice-président de la Chambre d'agriculture, qui ajoute que "toutes nos revendications sont prises en compte". Depuis qu'une motion a été déposée par la CGPER, mardi 12 novembre à la commission paritaire de la canne et du sucre (CPCS), deux réunions de travail ont eu lieu et une nouvelle se tiendra en début de semaine prochaine. "A situation exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles", soutient Jean-Yves Minatchy.

Le syndicat agricole réclame le solde de l’aide à la production, la recette bagasse-énergie, la prime bagasse-production et la recette mélasse, mais aussi une aide de 1.000 euros par hectare. pour faire face aux dépenses liées à la replantation de la canne, ainsi que la prise en charge du betel pour lutter contre le ver blanc, et enfin une aide de 300 euros par tonne d’engrais pour relancer la repousse des cannes après la coupe.

 

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