Ivre de jalousie, un Portois harcèle ses ex et devient violent

Yann F., Portois d'une trentaine d'années, a été condamné pour des violences à l'égard du nouveau copain de son ex-compagne et du harcèlement d'une autre de ses ex. Jaloux maladif, il s'est introduit chez l'une d'elles en décembre dernier. Faisant l'objet d'un mandat de recherche, il a finalement été jugé et condamné ce vendredi 9 janvier lors d'une audience de comparution immédiate.
Yann F. ne veut pas oublier ses ex. À un point viscéral. Le trentenaire devait répondre de faits de violences aggravées, harcèlement, violation de domicile et dégradation de biens d'autrui. Pendant longtemps en couple avec une femme, avec laquelle il a eu des enfants, l'homme n'a pas supporté la séparation.
Après un retour à La Réunion, l'homme habitant dans l'Hexagone, il file fissa chez l'une de ses ex, alcool dans le capot. Il s'invite chez elle et voit rouge : l'idée qu'elle puisse avoir refait sa vie avec un autre homme le met en pétard. Yann F. s'en prend à son nouveau compagnon et le rosse.
À la barre, difficile pour lui d'expliquer son geste : il évoque une colère sourde, une envie de remettre le couvert avec la mère de deux de ses quatre enfants et surtout, une jalousie maladive. C'est ainsi que la victime, qui écope de 2 jours d'ITT, se retrouve sur le banc des parties civiles. En plus de cet accès de violences, Yann F. se permet de lancer une cigarette en direction de l'homme blessé et de cracher sur son ex-compagne.
Un harcèlement continu
On l'a dit plus haut, il est aussi poursuivi pour avoir harcelé une autre de ses petites amies. Cette fois-ci, la période de prévention s'étend sur 11 mois. Depuis février de l'année dernière, Yann F. lui adresse des messages menaçants pour elle et ses proches. La partie civile évoque la psyché du personnage ; pour lui, ses ex-compagnes sont "ses choses", "sa possession". Un harcèlement qui provoque chez la victime un "stress permanent". Selon les dires de la victime, l'homme aurait même subtilisé la batterie de sa voiture, pour lui mener la vie dure.
L'avocate du nouveau compagnon blessé, elle, rejoint les dires de sa consœur : Yann F. a une attitude dangereuse envers ses ex-compagnes. Toutes deux demandent à la cour de lui retirer son autorité parentale sur les quatre enfants.
Le ministère public parle d'un profil violent : malgré tous les dispositifs mis en place pour la sécurité des victimes, rien n'y fait. La détention est "le seul moyen" pour lui faire cesser ses agissements. Elle requiert quatre années de prison, assorties d'un an de sursis probatoire pour une durée de trois ans, et des mesures "classiques" prises à l'égard des auteurs de violences conjugales. La procureure demande aussi le retrait de l'autorité parentale.
Pour sa part, Yann F. présente ses excuses à l'ensemble des victimes. Son avocat ne conteste pas les faits de violences mais tend à remettre en question les faits de harcèlement et l'histoire de la batterie volée.
Après délibération, la justice condamne Yann F. à une peine de 30 mois de prison avec mandat de dépôt, 12 mois de sursis probatoire, mais ne prononce pas la levée de l'autorité parentale.


