ISDU : Alamélou lance un “appel” à Richard Nirlo

Le projet d’Installation de Stockage de Déchets Ultimes (ISDU) de Beaufonds, à Sainte-Marie, passe une nouvelle étape. Le SYDNE a voté hier sa demande de reconnaissance en Projet d’intérêt général (PIG) auprès du préfet. À cette occasion, son président, Daniel Alamélou, a lancé un appel au maire et aux élus de Sainte-Marie à "venir discuter". Une campagne de communication doit également être lancée à destination du grand public.
Il n'a pas manqué une voix, ou presque, les élus de Sainte-Marie ne siégeant plus au sein du SYDNE (syndicat mixte de traitement des déchets du Nord et de l’Est) depuis le renouvellement de ses membres opéré par la Cinor. Un choix regretté par le 1er vice-président du SYDNE et maire de Saint-André, Joé Bédier : « On a fait ça sans eux, pour quelle raison ? »
En réponse, le président du SYDNE, Daniel Alamélou, dit lui aussi espérer un retour autour de la table des élus sainte-mariens après les municipales. Il rappelle dans le même temps que la Cinor pèse pour 66 % du financement du SYDNE et tacle une nouvelle fois le bilan de la mandature précédente, menée par Michel Vergoz, avec le soutien des élus de Sainte-Marie : « On a perdu deux ans, on ne parlait plus avec personne, aujourd’hui on se parle, on avance. »
L'ISDU perd deux hectares
En attendant, c’est à l’unanimité que les élus de la Cinor et de la Cirest ont voté ce lundi en faveur du lancement auprès du préfet d’une demande de reconnaissance de l’ISDU en Projet d’intérêt général (PIG). Un des outils dont dispose l’État pour garantir la réalisation de projets présentant un caractère d’utilité publique. Il impose aux collectivités de prendre en compte le projet dans leur document d’urbanisme. Pas une assurance tous risques pour autant. On se souvient que le projet de carrière de Bois-Blanc avait profité de la même procédure… On connaît la suite. Le dépôt du dossier est prévu en septembre pour un feu vert préfectoral attendu dans les 3 à 5 mois suivants.
Finalement, l’emprise de l’ISDU sera un peu moins étendue que prévu, de 20 ha et non plus de 22 ha, le projet de centre de tri ayant été retiré. Le syndicat espère toujours un accord à l’amiable avec la famille Barau, propriétaire du foncier. « Tous les candidats à Sainte-Marie étant opposés au projet, les municipales pourraient-elles retarder le projet ou le PIG permettra-t-il de passer par-dessus les oppositions ? », interroge Jean-Pierre Marchau, élu de la Cinor.
« C’est une étape », lui répond Daniel Alamélou. Il en profite pour indiquer avoir écrit au maire de Sainte-Marie il y a quelques semaines pour l’inviter « à plusieurs séances de travail, pour une présentation du projet et visiter deux sites afin qu’il comprenne bien le puzzle : l’ISDND (le centre d’enfouissement de Bel-Air) et le centre multifilière de Sainte-Suzanne (SUEZ), pour qu’il n’y ait pas une mauvaise compréhension. »
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Moins de camions et moins de déchets
Le président du SYDNE martèle que « tous les camions » qui se rendent aujourd’hui au centre d’enfouissement n’iront pas demain à Beaufonds : « Tous les déchets collectés continueront d’aller au centre multifilière après 2028 pour le traitement. » Contre 35 camions, ils ne seraient plus que 8 pour transporter un tiers des tonnages actuels.
Dans un dossier annexe, le syndicat précise que le gisement de déchets ultimes destiné à l’ISDU est estimé à 75.000 tonnes par an, comprenant les refus de tri issus du Centre de valorisation multifilières de Sainte-Suzanne et des déchets d’activités économiques (DAE) non dangereux, incluant les mâchefers de la future UVE (unité de valorisation énergétique) d’Albioma, les terres et déblais, les refus de process de traitement du plâtre ou encore les déchets amiantés liés, non friables et non dangereux. En amont, la partie fermentescible (biodéchets) doit être extraite durant la phase de tri. À ce stade, le coût est estimé à environ 50 millions d’euros (investissement hors exploitation).

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"Des élus de Sainte-Marie ont compris"
Daniel Alamélou met en avant des délais très contraints (la saturation du centre de Bel-Air est prévue pour 2028) et une solidarité intercommunale : « La chaudière d’Albioma est à Saint-André, le centre multifilière à Sainte-Suzanne. Si Sainte-Suzanne et Saint-André disent non, on va où ? On fait quoi ? On demandera au Sud et à Ileva de traiter nos déchets ? »
Pour le président du SYDNE, « la continuité du service public ne doit pas être un problème d’élections municipales. » Une démarche « comprise par certains élus de Sainte-Marie », lance-t-il, sans citer de noms, « car ils sont venus se renseigner. »
Interrogé sur le sujet par le conseiller départemental et élu de Saint-Benoît Bruno Robert qui s’inquiète d’une image de « passage en force » dans l’esprit du public sur un sujet complexe, il indique qu’une campagne de communication est en projet.
La raison d’un « appel » lancé ce lundi par Daniel Alamélou à « venir discuter avec nous et à visiter ces équipements, tout n’est pas à Sainte-Marie. » Le tout en "toute transparence".
Pour l’heure, aucun recours n’a été déposé contre le projet, souligne le président du SYDNE, et il ne voudrait pas que ça change.
« On avance, avec nos partenaires la situation s’améliore, l’administration est plus stable et renforcée, même chose pour notre financement (soutien de l’AFD, de la Région et du Département, NDLR), nous avons fixé une feuille de route qui suit son cours. Il ne faudrait pas que notre démarche soit ralentie par les municipales, raison pour laquelle j’invite ces collègues à venir discuter pour mieux se renseigner. », commente-t-il à la fin du conseil syndical.
Son courrier au maire de Sainte-Marie est resté pour l’heure lettre morte.
À noter par ailleurs, la conformation de la levée du contentieux avec la Région et le retrait du recours déposé au tribunal administratif par le SYDNE visant à l’annulation partielle du PRPGD, « à la suite de la reconnaissance par la Région de la compatibilité du projet d’ISDU au PRPGD ».


