IRIPEJ se lance pour "revitaliser la conscience collective réunionnaise"

Jack Gauthier, président de l'IRIPEJ, souligne l'importance de revitaliser la "conscience collective" réunionnaise, un élément crucial pour faire face aux tensions sociales et géopolitiques actuelles. Selon lui, l'éveil de cette conscience passe par la promotion de valeurs telles que la bienveillance et la générosité, ainsi que par des actions visant à harmoniser l'intérêt collectif et l'intérêt individuel.
Rémy Massain, secrétaire de l'IRIPEJ, met en avant la richesse de l'identité créole, "résultat d'un mélange unique de populations françaises, malgaches, africaines, indiennes et chinoises depuis 1663". Cette identité, selon lui, est la colonne vertébrale de La Réunion et doit être respectée et valorisée. Il propose de renforcer la connaissance anthropologique des jeunes Réunionnais.
Renforcer l'identité réunionnaise
Pour promouvoir l'identité réunionnaise, l'IRIPEJ propose plusieurs initiatives culturelles et sociales à commencer par la création d'un festival créole annuel dans chaque commune volontaire et qui mettrait en valeur les danses, chants et autres expressions culturelles locales. "Ce festival permettrait de renforcer l'identité créole et de célébrer la diversité culturelle de l'île", assure-t-il.
Autre initiative que l'IRIPEJ verrait d'un bon oeil, la création d'un Institut régional de danse et d'expression corporelle, qui rassemblerait chorégraphes et danseurs locaux, ceci afin de "renforcer l'identité créole à travers les arts du spectacle".
Enfin, l'IRIPEJ plaide pour la création d'une Maison des civilisations, réparti sur quatre sites régionaux : au Nord, au Musée Léon Dierx et la Villa de la Région à Saint-Denis, avec un atelier d’anthropologie explorant l'influence des règles de la société française sur le mode de vie créole. Dans l'Est, le site retenu serait celui de la Maison Mourouvin à Bras-Panon, se concentrant sur l'influence de l'Inde du Nord et du Sud. Dans le Sud, c'est le site de Mahavel qui est plébiscité pour l'étude des influences de Madagascar et de l'Afrique. Enfin, dans l'Ouest, c'est la Maison Grand Cour, ancienne école franco-chinoise, qui serait retenue pour examiner l'influence de la Chine sur le mode de vie créole.
Valoriser la région ultrapériphérique
Outre le renfort de l'identité créole, l'IRIPEJ appelle également à une meilleure intégration de La Réunion dans les négociations avec les États de l'océan Indien. L'Institut estime que La Réunion devrait bénéficier des synthèses des centres régionaux de fusion d’information implantés à Madagascar, à New-Delhi et à Singapour, et participer aux dialogues trilatéraux tels que "France-Émirats Arabes Unis-Inde" et "France-Inde-Australie". L'IRIPEJ appelle également à une meilleure intégration de La Réunion dans les négociations avec les États de l'océan Indien au sein de la Commission de l'océan Indien. Il demande pour cela qu'une motion votée à l’unanimité par les conseillers régionaux soit adressée au Ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères pour que La Réunion obtienne une délégation propre à la COI et à l'Indian Ocean Rim Association (IORA).
Pour le maintien de l'article 73
Dernier point abordé par l'IRIPEJ, celui de l'optimisation du statut de La Réunion comme Département et Région d'Outre-Mer (DROM). Le groupe de réflexion propose une réduction du nombre d'élus "pour une meilleure efficacité administrative", sans oublier la création d'une collectivité territoriale unique (CTU) "tout en maintenant un statut législatif stable". Sur ce dernier point, l'IRIPEJ suggère un référendum pour décider de cette évolution statutaire.
En revanche, les membres de l'IRIPEJ avertissent contre les risques d'une autonomie totale, "qui pourrait entraîner des complications financières et administratives", comparables à celles rencontrées par d'autres territoires autonomes "comme la Nouvelle-Calédonie". Ils défendent le maintien de l'article 73 de la Constitution, "garant de la stabilité et du développement de l'île", tout en proposant des adaptations législatives "pour mieux répondre aux besoins locaux".


