Impôt sur le revenu : coup de pression pour traquer la fraude

La campagne de déclaration 2025 s’ouvre dans un contexte budgétaire tendu. À La Réunion comme ailleurs, les services fiscaux annoncent une intensification des contrôles, notamment sur les crédits d’impôt et les patrimoines non déclarés.
Le top départ a été donné ce jeudi 10 avril. Depuis Bercy, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a lancé officiellement la campagne de déclaration des revenus 2024, en appelant à « renforcer la lutte contre la fraude », priorité déjà affichée par son prédécesseur. L’enjeu est d’autant plus sensible que les recettes de l’impôt sur le revenu stagnent, alors que les crédits et réductions d’impôt flambent. En 2024, les revenus déclarés ont bondi de 5,4 %, mais l’impôt n’a progressé que de 1,8 %. Dans l’écart, les dispositifs d’allègement fiscal – notamment sur l’emploi à domicile ou les dons – ont pesé lourd, selon les données internes de la DGFIP.
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À La Réunion, les services de la direction régionale des finances publiques (DRFIP) annoncent des contrôles renforcés tout au long de cette campagne. « Des opérations sont déjà prévues pendant la période déclarative », confirme Ludovic Robert, directeur régional de la DRFIP. Une vigilance particulière sera portée sur les crédits d’impôt déclarés sans justificatifs. La loi de finances 2025 permet désormais à l’administration de réclamer en amont des pièces prouvant la réalité des dépenses. Les contribuables auront trente jours pour répondre. En l’absence de justificatif, la somme sera exclue du calcul, et en cas de fraude avérée, une pénalité de 10 % pourra s’appliquer.
En 2024, les rectifications ont concerné plus de 46.000 déclarations sur l’ensemble du territoire, représentant 151 millions d’euros. À La Réunion, les chiffres parlent aussi : 1.375 contrôles ont été menés l’an dernier, toutes natures confondues, et près de 12 millions d’euros ont été redressés.
L'intelligence artificielle pour traquer les piscines
Autre nouveauté : la montée en puissance des outils numériques. En 2025, l’intelligence artificielle sera mobilisée pour repérer les biens non déclarés. Piscines, dépendances ou logements secondaires feront l’objet d’une attention particulière. Quatre communes sont ciblées dès cette année : Saint-Denis, Saint-Paul, Le Tampon et Salazie. Des courriers seront adressés aux contribuables concernés.
Mais l’administration se veut aussi pédagogue. « Le droit à l’erreur reste un principe fondamental. Une déclaration peut être corrigée sans sanction si l’erreur est de bonne foi », rappelle Ludovic Robert. Ce principe s’applique notamment dans le cas des crédits d’impôt mal renseignés ou des revenus omis involontairement. La relation de confiance entre usagers et services fiscaux reste le fil conducteur de cette campagne.
Enfin, la lutte contre la défaillance déclarative continue. Environ 3 % des foyers ne déclarent toujours pas leurs revenus. Des relances sont en cours, avec une attention accrue portée aux situations suspectes. Le message est clair : dans un contexte de rigueur budgétaire, l’administration fiscale entend resserrer la vis, sans renoncer à l’équité.
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