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Impôt sur la fortune immobilière : qui paie combien à La Réunion ?

Ecrit par J.D. – le dimanche 29 juin 2025 à 06H22

En 2024, certains foyers réunionnais ont été redevables de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), pour un impôt moyen proche de 11.000 euros. Un chiffre marginal dans une île marquée par les inégalités et la pauvreté. À Saint-Denis, Saint-Paul, Saint-Pierre et Le Tampon, communes de plus de 20.000 habitants dépassant les 50 redevables, les écarts de patrimoine s'affichent noir sur blanc.

L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) a généré 2,2 milliards d’euros en 2024, selon les dernières statistiques de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). C’est 11 % de plus qu’en 2023. Cet impôt, réservé aux foyers possédant un patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 million d’euros, ne concerne que 186.000 contribuables à l’échelle nationale.

A La Réunion, seules quatre communes de plus de 20.000 habitants comptent plus de 50 redevables à l’IFI, seuil à partir duquel les données sont rendues publiques. Il s’agit de Saint-Denis (326 foyers), Saint-Paul (250), Saint-Pierre (136) et Le Tampon (106). Le patrimoine immobilier net moyen y varie entre 2,2 et 2,6 millions d’euros. L’impôt payé, quant à lui, oscille autour de 10.900 euros par foyer, un niveau proche de la moyenne hexagonale.

Mais dans une région où le PIB par habitant ne dépasse pas 27.500 euros (soit 62 % de la moyenne nationale) et où plus d’un tiers des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, ces chiffres prennent une dimension particulière. Qui paie l’IFI à La Réunion ? Une minorité de contribuables, généralement âgés – l’âge moyen des redevables est de 70 ans – et disposant de revenus très élevés : autour de 281.000 euros par an, soit huit fois plus que les autres foyers fiscaux.

L’IFI, impôt déclaratif, offre une photographie nette des inégalités de patrimoine sur le territoire. À Paris, 2,9 % des foyers déclarant un revenu sont imposés à l’IFI. À La Réunion, c’est à peine 0,4 %. Pourtant, sur certains secteurs littoraux ou urbains, la hausse du foncier et la détention de résidences secondaires ou de biens locatifs font mécaniquement entrer certains foyers dans le champ de l’imposition.

Au niveau national, les recettes de l’IFI ne représentent que 0,5 % des recettes fiscales de l’État, loin derrière la TVA ou l’impôt sur le revenu. Mais leur croissance reste soutenue (+16 % si l’on inclut les régularisations et contrôles fiscaux), portée en grande partie par les patrimoines supérieurs à 10 millions d’euros.

Etiquettes : Impôts

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