Il y a 20 ans, le cyclone Dina frappait La Réunion

DINA reste, de fait, le dernier épisode cyclonique majeur qu’ait connu La Réunion, bien au-dessus des épisodes qui lui ont succédé depuis 20 ans. La tempête DIWA en 2006, puis le cyclone GAMEDE en 2007, DUMILE en 2013, BEJISA en 2014, BERGUITTA et FAKIR en 2018, ont certes généré de fortes pluies et/ou des rafales de vents cycloniques (i.e. supérieures à 150 km/h) sur une partie de l’île, mais aucun ne rivalise avec DINA sur le plan de l’intensité et de la durée des conditions cycloniques (aucune région de l’île n’étant en outre épargnée), ou sur l’ampleur des dégâts associés.
DINA : chronologie du phénomène météorologique
DINA, 4e système dépressionnaire tropical de la saison 2001-2002 sur le Sud-Ouest de l’océan Indien, est apparu à la mi-janvier 2002 au cœur de l’océan Indien, à quelque 3000 km au nord-est de La Réunion. La perturbation tropicale formée le 16 janvier à l’Est des Chagos, amorce dès le lendemain, et pour trois jours, un déplacement en direction du sud-ouest, qui s’effectue très rapidement les deux premiers jours (jusqu’à 35-40 km/h de vitesse de déplacement en journée du 17). Dans le même temps, le système connaît une phase d’intensification rapide et spectaculaire, qui l’amène au stade de tempête tropicale dans l’après-midi du 17 (étant baptisé «DINA» à ce moment-là), puis au stade de cyclone tropical dès le 18 janvier avant la mijournée, soit à peine plus de 36h après sa naissance (alors qu’un développement «normal» requiert en moyenne 5 jours pour arriver à ce stade!).
Après avoir parcouru 1500 km en l’espace de 48 heures entre le 16 et le 18 janvier, le cyclone ralentit son déplacement, sur une trajectoire toujours orientée sud-ouest qui le dirige alors droit vers l’île Rodrigues… Le 20 janvier au matin, DINA est au summum de sa puissance. Classé au stade ultime de cyclone tropical intense, avec une pression centrale de l’ordre de 910 hPa, il génère des vents dont les rafales maximales sont estimées culminer à 300 km/h. Fort heureusement pour les Rodriguais, sa trajectoire vient tout juste de se redresser en direction de l’ouest-sud-ouest, à la faveur d’un renforcement des hautes pressions au sud des Mascareignes. Rodrigues échappe ainsi à un impact direct (et sans nul doute désastreux) du cyclone, dont les masses actives ne font finalement que l’effleurer. Mais pour les autres îles Mascareignes (Maurice et La Réunion), cette incurvation de trajectoire n’est pas une bonne nouvelle… Et la menace cyclonique devient désormais tangible. L’alerte orange cyclonique est déclenchée à La Réunion le lendemain peu après la mi-journée (21 janvier).
Tout comme lors du passage au plus près de Maurice, la trajectoire se redresse ensuite durant quelques heures plus ouest (très probablement sous l’influence de la présence du relief de l’île), ce qui fait passer le météore finalement un peu plus au large du nord de La Réunion qu’il ne l’aurait fait sinon: le mur de l’œil transite ainsi à un peu plus de 25 km de la route du littoral (le centre du cyclone passant, quant à lui, à environ 65 km au large – même distance que pour Maurice). Conséquence de la différence de relief entre les deux îles, les conditions extrêmes observées à La Réunion sont cependant encore plus dégradées que sur l’île sœur, le relief réunionnais, nettement plus accentué, induisant un renforcement des rafales de vent et surtout des précipitations. Au moment du passage de DINA au plus près du nord de La Réunion, le système est encore classé au stade de cyclone tropical intense, avec des rafales maximales estimées à 260 km/h et une pression centrale voisine de 930 hPa.


