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Il y a 100 ans: Les élections législatives du 26 avril 1914
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Ecrit par zinfos974 – le lundi 28 avril 2014 à 10H07

Une nouveauté dans les élections législatives de 1914 a été l'application de la loi du 29 juillet 1913, rendant obligatoire l'usage de l'isoloir dans les élections. Le gouverneur Duprat s'en est d'ailleurs réjoui, lui qui se plaignait de "promesses d'argent qui constituent une entrave à la liberté et à la sincérité du scrutin"... Dans le sud de La Réunion, le député sortant (Archambaud), s'étant retiré au profit du candidat radical-socialiste Georges Boussenot, celui-ci n'a eu à affronter qu'un nouveau challenger: Le Comte Robert le Coat de Kerveguen.
Le 8 mars 1914, Boussenot organisait un meeting à Saint-Pierre, au lieu-dit "Les Casernes". Comme les chemins menant du Tampon à Saint-Pierre appartenaient à Kerveguen, ses partisans gardaient les chemins pour filtrer les passages et ainsi tenter d'empêcher les partisans de Boussenot d'aller soutenir leur candidat. C'est donc accompagnés par les gendarmes que ceux-ci sont descendus à Saint-Pierre. Mais ils ont été accueillis par des
galets puis des coups de feu. Les gendarmes ont riposté, et le soir, le bilan a été de 3 morts (le plus jeune d'entre eux ayant 11 ans!) et 30 blessés.
Des employés de Kerveguen ont été arrêtés, y compris le comptable de son usine des Casernes. Le 14 mars, le journal "Le Peuple" (favorable à Boussenot) a conclu: "Si M. de Kerveguen a cru enrayer le succès de la candidature Boussenot, lui et ses partisans reconnaîtront un peu tardivement que les moyens employés se sont retournés contre le candidat monarchiste". En effet Boussenot a gagné ces élections.
Des évènements similaires se sont déroulés dans toute La Réunion, essentiellement à Saint-Denis et Sainte-Rose, amenant le triste bilan de 14 morts et 300 blessés, des bureaux de vote saccagés et, au final, une victoire socialiste. Mais une bien triste victoire.
Souhaitons que La Réunion ne connaisse plus jamais d'épisode similaire, et qu'un préfet n'aie plus à se plaindre de violences, ni de "promesses d'argent qui constituent une entrave à la liberté et à la sincérité du scrutin"...
Pour le groupe Sud d'EELVR
le porte-parole
Alain Busser
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