Il prend 16.000 photos d'une fillette du quartier

Plusieurs personnes soupçonnées de détenir ou de partager des images pornographiques mettant en scène des enfants sont face à la Justice. Onze sont présentées en comparution immédiate à Saint-Denis et à Saint-Pierre tandis que les cinq autres ont été placées sous contrôle judiciaire et seront jugées ultérieurement.
Il regardait une vidéo pédo-pornographique à l'arrivée des forces de l'ordre
Parmi les trois prévenus jugés par le tribunal de Champ Fleuri., Jean M., 53 ans, dont le casier judiciaire est vide. Le quinquagénaire possède beaucoup de matériel informatique chez lui. Les enquêteurs ont retrouvé près de 3.000 fichiers de jeunes mineurs sur les disques durs saisis.
Une vidéo pédo-pornographique était affichée à l'écran lorsque les forces de l'ordre ont démarré la perquisition.
L'homme souffre d'une maladie auto-immune, sa femme est son auxiliaire de vie. Elle reconnaît avoir vu des images pédo-pornographiques sur son ordinateur. Mais il lui aurait expliqué qu'il s'agissait des conséquences d'un piratage informatique.
Jean M. ne conteste pas la détention des images dérangeantes : "Je veux être puni, je veux qu'on m'élimine", lance-t-il face aux juges. Il assure ne pas avoir de tendances pédophiles : "Ça ne provoque rien chez moi c’est le plaisir de me torturer." Les enquêteurs ont aussi retrouvé d'autres contenus pornographiques, des animations japonaises et des images de synthèse qui mettent en scène des enfants.
Le quinquagénaire habite près d'une école. Il a pris 16.000 photos d'une même fillette et lui aurait fourni un téléphone portable grâce auquel il pouvait la géolocaliser.
L'expert psychiatre affirme dans son rapport que l'homme n'a aucun trouble de pédophilie. Le procureur requiert 20 mois de prison avec un sursis probatoire de 3 ans à l'encontre du prévenu qui avait amassé le plus grand nombre d'images illicites : "On est face à quelqu’un qui va distribuer des bonbons devant une école mais qu'est-ce qu’il va faire après ?"
Il écope de 30 mois sursis probatoire avec obligation de soins et une interdiction de prendre contact avec un mineur. Son nom sera inscrit sur le FIJAIS, et son équipement sera saisi.
Des fichiers en cours de partage à l'arrivée des forces de l'ordre
Julien S. est lui aussi passé devant le tribunal de Champ Fleuri. Son adresse IP a été repérée par l'unité de lutte de Pontoise sur un serveur de partage de pair-à-pair.
L'homme qui affirme n'avoir jamais eu de rapport sexuel reconnaît détenir des fichiers pédo-pornographiques mais assure qu'il ne pensait pas les diffuser. Les forces de l'ordre ont interrompu le partage de six fichiers lors de leur perquisition. Le trentenaire reconnaît télécharger ces images depuis environ 4 ans. Il possède plus de 700 fichiers cachés sur son ordinateur. L'analyse de l'expert psychiatrique révèle un trouble pédophile. Il note aussi une "perversion" dans son rapport.
Le procureur souligne le travail des gendarmes, aidés par la police, qui ont dû se mobiliser pour cibler l'adresse IP du suspect. Il déplore : "Imaginez le calvaire pour eux d'avoir à regarder toutes ces images. Tout le monde est choqué, le prévenu est excité !"
Julien S. était déjà connu de la Justice. Quatre mentions pour conduite en état d'ivresse figurent sur son casier judiciaire. Le procureur requiert la révocation de son sursis et une peine de 15 mois avec un sursis probatoire pendant 2 ans.
L'homme exprime ses regrets et sa honte. Son avocat demande au président du tribunal : "Nous sommes face à un trouble de pédophilie et il faudra le soigner. Il sait qu’il va être condamné mais vous devez l’individualiser. C’est une personne isolée et il faut tenir compte de sa personnalité."
Reconnu coupable, il écope de 18 mois de prison avec un sursis probatoire renforcé de 2 ans et interdiction de se trouver en présence de mineurs. Ses 4 mois de sursis d'une ancienne condamnation sont révoqués avec un aménagement. Le tribunal prononce aussi une obligation de soins et une inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes.
Un prévenu travaille dans un foyer pour mineur
Cédric B. est lui aussi trentenaire. Il utilisait l'adresse IP de sa mère avant de déménager. Les forces de l'ordre ont retracé 98 téléchargements au domicile familial et 128 sur la sienne.
Il récupère ce type d'images depuis une dizaine d'années sur Internet mais les supprime après les avoir regardées, car il s'en veut. "Je sais que ce n’est pas pas bien et c’est bien que les gendarmes soient tombés sur ça pour me faire comprendre que ce que je fais est grave !"
Cédric B. aurait par ailleurs demandé à une escorte de lui trouver une petite fille pour lui faire une fellation en échange de 50 euros. Il aurait aussi envoyé un SMS à un enfant et il userait de stratagèmes pour être en lien avec des mineurs et se masturberait via ces situations. Les enquêteurs ont aussi retrouvé des photos de mineurs réunionnais en maillot de bain sur son téléphone.
Le procureur déplore : "Il est dans un foyer d’aide à l’enfance et à la protection des mineurs. Il est formé pour les aider et quand il rentre chez lui il se masturbe en regardant des enfants." Il requiert 15 mois de prison dont 8 avec sursis probatoire et mandat de dépôt ainsi qu'une interdiction de travailler et d'être en présence d'enfants.
L'avocat du prévenu explique que son client a un profil inquiétant mais rappelle : "Les troubles qu'il a se soignent !" Il conclut : "Je vous demande de le sanctionner mais de ne pas prononcer le mandat de dépôt."
Cédric B. écope de 30 mois de prison. Il sera soumis à un sursis probatoire pendant 3 ans et à une obligation de se faire soigner. Il a aussi interdiction d’exercer ses fonctions dans le foyer pour mineur mais doit trouver un autre travail.


