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 "Il était en mode combat, méthodique et préparé" : au premier jour de son procès, le récit de la difficile interpellation d’Abraham Bomela

Ecrit par Gignoux Sébastien – le lundi 16 février 2026 à 21H14
Photo d'illustration

Plongeant dans l’examen du périple criminel d’Abraham Bomela le 28 octobre 2023 à La Possession, la cour d’assises a pu entendre le récit de l’interpellation particulièrement difficile d’un suspect "déterminé et méthodique".

Alors que s’est ouvert lundi 16 février le procès de l’auteur présumé de la tuerie de La Possession, les jurés sont rentrés directement dans le vif du sujet avec l’examen des faits reprochés à l’accusé Abraham Bomela, 41 ans.

Un "périple meurtrier" démarré sur le terrain familial avec la mort de Lorane, 5 ans, et d’Edith, 69 ans, sur lequel est revenue, photos à l'appui, l'adjudant-chef de la section de recherches ayant dirigé les investigations. Passant par le chemin Boeuf Mort puis le parking du supermarché Leclerc, cet itinéraire sanglant s’est achevé dans l’agence du Crédit Agricole de la rue Sarda Garriga après la mort de Joé Breda, 54 ans.

Lire aussi : Retour sur l’itinéraire sanglant d’Abraham Bomela

C’est dans cet établissement bancaire que le suspect va être très difficilement interpellé, comme l’a raconté par visio-conférence le commandant de l’Antenne GIGN, mobilisée ce jour-là pour venir déloger le forcené retranché.

Arrivés sur les lieux à 8h40, alors que les tentatives de négociations ont échoué, les militaires décident de donner l’assaut à 8h47. Après avoir lancé des grenades assourdissantes, la colonne de douze gendarmes progresse dans l’agence.

Dans un couloir étroit, ils se heurtent d’abord au corps de Joé Breda, le malheureux agent d’entretien qui a visiblement été placé là pour freiner la progression des gendarmes.

Il attend les gendarmes "en traitre"

Puis, l’une des portes "testées" par les militaires se referme immédiatement : c’est celle de la salle de pause où Abraham Bomela s’est retranché, couteau en main. "Il avait fermé les volets, éteint la lumière, et déplacé le frigo pour gêner l’ouverture", se souvient le commandant. "Il avait versé de l’eau par terre, et percuté un extincteur, ce qui faisait qu’on n’y voyait rien", précise-t-il.

Parvenant malgré tout à pénétrer dans la pièce, le gendarme de tête, porteur d’un bouclier, est subitement frappé au niveau de la cuisse par la lame de Bomela qui attendait, accroupi derrière la porte pour les prendre "en traitre" dira l’accusé lui-même.

"Deux coups de Taser ne lui ont rien fait"

"Il a poignardé le camarade à trois reprises. Nous sommes rentrés à sa suite et nous avons dû lutter pour le maîtriser, il était très fort", souligne le gendarme, rappelant que "deux coups de Taser ne lui ont rien fait."

Une intervention marquante pour l’officier du GIGN, d’autant que son équipier blessé a bien failli perdre l’usage de sa jambe. "Heureusement, il s’en est sorti et a retrouvé toutes ses aptitudes", salue son chef.

"En 13 ans de GIGN, l’une des interventions les plus difficiles"

S’agissant de Bomela, le commandant garde le souvenir "d’un homme très combatif, déterminé. Il avait préparé la pièce de façon assez méthodique." Pourtant, ce militaire expérimenté en a vu d’autres. "En 13 ans de GIGN, j’ai été en Amérique du Sud, en Afghanistan, j’ai fait des terroristes. Mais, pour un forcené, c’était une des interventions les plus difficiles", illustre-t-il.

De quoi nourrir le débat sur une éventuelle altération du discernement de l’accusé. Les questions posées au militaire, par l’accusation, les parties civiles ou la défense, vont d’ailleurs dans ce sens. Abraham Bomela avait-il l’air en crise ou, au contraire, semblait-il maître de ses faits et gestes ? Pour le commandant de l’antenne GIGN, l’homme était "lucide, en mode combat. Il savait ce qu’il faisait."

"Doux comme un agneau" une fois menotté

Une fois menotté, cependant, Abraham Bomela va redevenir "doux comme un agneau", note le militaire. Impression confirmée par la directrice d’enquête lors de la garde à vue. "Il était plutôt calme, posé, et livrait des détails très précis des faits" relate-t-elle à la cour.

Une audition cependant entrecoupée de références parfois troublantes à "la sorcellerie" ou des "viols d’animaux", qui, pour la défense, tendent à démontrer que l’accusé n’était peut-être pas aussi "cohérent" qu’il en avait l’air.

Les débats se poursuivent ce mardi 17 février avec l’audition des parties civiles de la famille Bomela, et un premier interrogatoire de l’accusé sur les faits.

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