"Hollande devait venir quand même !"

Cela me rappelle une réflexion de Jean-Pierre Marielle, de sa voix profonde et désabusée, dans l'excellent film "La valise" (avec Darc et Constantin) :
"Qu'est-ce qu'il faut pas entendre comme conneries !"
Ce matin sur les ondes, j'ai entendu toute une théorie de crétins et d'abrutis s'élever contre le fait que Hollande a annulé son voyage à La Réunion.
"Oui... vous comprenez... il a promis de venir, il doit venir !... Le crash de cet avion en Afrique, ça ne nous concerne pas... Il peut gérer ce crash sur internet, il n'a pas besoin d'être à l'Elysée pour ça !... Nous l'attendions à Bois-Rouge... "
Il me navre de dire ceci : ces crânes creux sont des citoyens comme les autres ; ils ont donc le droit d'être des électeurs. C'est là où le bât blesse.
Comment peut-on voter en toute conscience de cause quand on est plus con qu'un pied de brède lastron ?
Autre chose : si j'ai voté Hollande en 2012, j'ai largement eu le temps de me rendre compte que je suis un des millions de cocus de la république. Cocu à sec, jusqu'à l'omoplate incluse et ça fait mal.
Mais : la France se trouve plongée au coeur d'une très grave crise internationale et humanitaire. Elle est concernée au premier plan en raison de ses engagements anti terroristes en centre Afrique. Je soutiens totalement la position de la France sur ce point.
Je n'aime pas Hollande (pardon : je ne l'aime plus). Mais il est notre président. Et dans une grave crise comme celle que nous traversons, nous devons être derrière lui ! C'est ça la force d'une nation.
C'est ce qu'a dit Bill Clinton à propos de l'imbécile de Bush après le 11 septembre. Et il n'y a rien d'autre à dire !
Depuis la fin de la Guerre froide, c'est la 1è fois que nous nous retrouvons devant la menace d'un conflit généralisé.
La Russie d'un côté, qui tire à boulets rouges ; l'intégrisme de l'autre, les démocraties au milieu. Choisis ton camp camarade.
En tout cas, La Réunion n'est pas le nombril du monde.
Je suis des 43% qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Mon minimum vieillesse a plutôt capoté depuis "le temps du changement". Nos agriculteurs vivent de plus en plus mal. Oui.
Mais pour l'heure, il y a une très grave crise internationale. Même si Marine (que je n'aime pas), même si Sarkozy (que j'aime encore moins), même si Mélanchon (que je me suis pris à aimer, tiens!) étaient à l'Elysée, je tiendrais le même discours :
Devant une si grave crise, qui risque d'enflammer toute la planète, nous devons être derrière le chef de guerre.
On n'en a pas d'autre, merde !


