Harcèlement et suicides à Matignon : une enquête ouverte par le parquet de Paris

Les services du Premier ministre Sébastien Lecornu visés par une enquête préliminaire après un signalement en juin dernier
Une plainte a été déposée à l'encontre de plusieurs responsables du service de la correspondance du Premier ministre, les accusant de harcèlement moral et de mauvais traitements.
Le signalement, révélé par France Inter le 25 juin, évoque plusieurs drames survenus depuis octobre 2025 : deux suicides, une personne retrouvée morte dans les toilettes ainsi que deux tentatives de suicide. Ces événements figurent parmi les éléments transmis au parquet, sans que leur lien avec les faits dénoncés ne soit établi à ce stade.
Une fonctionnaire dénonce un harcèlement moral
La plaignante, une fonctionnaire, a notamment porté plainte pour harcèlement moral. Sont mis en cause la cheffe du service de la correspondance du Premier ministre, le chef de service par intérim, un adjoint ainsi qu'un autre responsable (Le Figaro).
L'employée affirme avoir subi un retrait progressif de ses responsabilités et de ses missions, des humiliations publiques, des commentaires dévalorisants ainsi qu'un isolement croissant, notamment après son affectation dans un bureau situé en sous-sol. Selon la plainte, ces mesures auraient entraîné une profonde souffrance au travail et une dégradation de son état de santé.
L'avocate de la fonctionnaire a indiqué à l'AFP que sa cliente aurait voulu se jeter sous un train, avant d'être retenue par un usager.
L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne. De son côté, la Direction des services administratifs et financiers (DSAF) indique avoir mis en place plusieurs dispositifs de prévention des risques psychosociaux, dont le dispositif « VigiSouffrances ».
Un climat de travail sous tension
Le 26 mars dernier, un collègue d'un « service adjacent » s'est jeté sous un train, « dans un contexte de souffrance au travail identifié », souligne le signalement, qui dénonce également des « manquements de l'employeur à son obligation de protection » (Le Parisien).
Selon plusieurs témoignages, cette situation interne s'expliquerait notamment par l'instabilité politique qu'a connue Matignon. Quatre Premiers ministres se sont succédé en deux ans, entraînant plusieurs réorganisations des services. Des pratiques managériales jugées particulièrement dures, une baisse des effectifs ainsi qu'une concurrence accrue entre les fonctionnaires seraient venues s'ajouter à ce contexte, contribuant à dégrader les conditions de travail.


