Grippe : l'Hexagone et l’Europe sous pression face à une vague précoce

Alors qu’une épidémie de grippe particulièrement virulente gagne l’Europe avec plusieurs semaines d’avance, portée par un variant du virus A (H3N2), les hôpitaux commencent à subir de fortes tensions. À La Réunion, en revanche, les indicateurs restent pour l’heure à des niveaux bas, selon le dernier point de Santé publique France.
L’hiver 2025-2026 démarre sous haute surveillance sanitaire en Europe. Du Royaume-Uni à la France, la grippe saisonnière circule de manière précoce et soutenue, alimentée par un sous-variant du virus A (H3N2), surnommé « variant K ». Outre-Manche, la situation est jugée critique : les autorités parlent d’une vague d’une ampleur inédite depuis la crise du Covid-19, avec une hausse rapide des hospitalisations et des établissements de santé déjà sous tension.
En France hexagonale, la phase épidémique a été officiellement franchie début décembre, avec une avance estimée à deux à trois semaines par rapport aux saisons précédentes. Les données nationales montrent une circulation active du virus, notamment chez les enfants et les adolescents, premiers vecteurs de diffusion. Le taux de positivité progresse, signe d’une dynamique encore ascendante, même si la gravité moyenne des cas observés ne semble pas, à ce stade, supérieure aux années antérieures.
Le variant en cause appartient à la famille des virus A (H3N2), réputés plus agressifs que d’autres souches saisonnières. Ses mutations faciliteraient la transmission, sans pour autant modifier de manière significative le tableau clinique : fièvre élevée, fatigue marquée, douleurs musculaires et toux persistante. Les autorités sanitaires soulignent toutefois que ce type de virus est historiquement associé à davantage de formes sévères chez les personnes âgées ou fragiles.
Dans ce contexte tendu au niveau européen, La Réunion apparaît encore relativement préservée. Selon le dernier point épidémiologique de Santé publique France, les indicateurs de la grippe restent bas sur l’île, tant en médecine de ville qu’à l’hôpital. Aucune entrée en phase épidémique n’est signalée à ce stade, même si les autorités appellent à la vigilance, compte tenu de la circulation active observée dans l’Hexagone et dans la zone européenne.
La question de la vaccination reste centrale. Bien que le vaccin ait été élaboré avant l’émergence massive du variant K, les premières évaluations indiquent une protection conservée contre les formes graves et les hospitalisations, en particulier chez les enfants. Les autorités sanitaires encouragent donc la poursuite de la campagne vaccinale, notamment pour les personnes âgées, les malades chroniques et les professionnels de santé.


