Grèves ?
Aucune image à la une trouvée pour cet article.
Le mot français "grève" tire son nom de la place de Grève à Paris…
La grève est depuis le XIXe siècle une action collective consistant en une cessation concertée du travail par les salariés d'une entreprise, d'un secteur économique, d'une catégorie professionnelle ou par extension de toute autre personne productive, souvent à l'initiative de syndicats. Cette action vise à appuyer les revendications des salariés en faisant pression sur les supérieurs hiérarchiques ou l'employeur (chef d'entreprise ou patron), par la perte de production que la cessation de travail entraîne. Il s'agit d'une épreuve de force : le gréviste n'est pas rémunéré alors que l'entreprise ne produit plus et perd de l'argent.
Le statut juridique des actions de grève est variable selon les pays, de l'interdiction pure et simple (en particulier dans les dictatures), à l'encadrement réglementaire ou législatif. Dans les pays où la grève est légale, elle est en général interdite à certaines professions qui assurent les fonctions régaliennes de l'Etat ou des services publics élémentaires : ainsi des militaires, des pompiers professionnels ou encore des policiers .
La grève implique en premier lieu l'arrêt du travail. Elle peut par ailleurs se concrétiser par le blocage de l'outil de production, par des mesures destinées à gagner l'opinion publique (…), par des manifestations, et dans certains cas par des actions illégales voire pénalement répréhensibles, comme le chantage environnemental ou la séquestration de membres de la direction. La grève ne prend pas nécessairement une tournure aussi spectaculaire ; il peut s'agir tout simplement d'un arrêt de travail de quelques heures, par exemple pour faire remonter à la direction un conflit avec l'encadrement.
La grève a longtemps été interdite, conséquence de l'abolition des corporations et de la contractualisation du droit du travail… Cependant, à la suite de la Libération en 1944, et en réaction contre tous les interdits imposés par l'occupation nazie et le régime de Vichy, la Constitution de 1946 autorisa la grève, à l'exception de certains agents d'autorité, "dans le cadre des lois qui la réglementent"…
D'où l'obligation du préavis de grève.
En France, les grandes grèves "ont généré la production de droits nouveaux" qualifiés de "conquêtes" ou d'"avancées" sociales : la grève générale de juin 1936 permit l’obtention des congés payés, ainsi que la reconnaissance des conventions collectives et des délégués du personnel. La réduction du temps de travail a été une lutte importante du mouvement ouvrier depuis le XIXe siècle - la création en 1889 du 1er mai comme journée annuelle de grève ayant pour but la réduction de la journée de travail à 8 heures…
La grève est aussi garante de la démocratie politique.
Les grèves sont, avec les manifestations et les pétitions, un des moyens privilégiés par les syndicats français et les salariés pour défendre les acquis sociaux tels que les conditions de retraite, la sécurité sociale ou le système éducatif public, ainsi que pour obtenir des hausses des salaires et des améliorations des conditions de travail.
Les grèves de non- salariés se développent : médecins, routiers, buralistes, chauffeurs de taxis… Ces actions diffèrent des grèves classiques dans la mesure où ces professions libérales ou ces artisans sont leurs propres employeurs . Le conflit les oppose dans ce cas au législateur.
Il existe également le phénomène des grèves étudiantes , mobilisations collectives au cours desquelles les étudiants votent la grève en Assemblées générales , et cessent donc d'aller en cours (comme les autres grèves, ces mouvements s’accompagnent parfois de la mise en place de piquets de grève). Il ne s'agit pas de grève au sens traditionnel ni au sens juridique du terme puisqu'étudier n'est pas une activité salariée ni productrice . Cependant, les syndicats étudiants considèrent les étudiants comme des travailleurs en formation, donc que leur grève serait un moyen de pression sur leurs futurs employeurs.
Avec l’installation d’un chômage de masse, les grèves ont diminué dans le secteur privé. Par ailleurs, plus l’entreprise est petite, plus les grèves sont rares . La grève en France est majoritairement le fait de la fonction publique. En 1989 près de 70 % des jours de grève recensés l'étaient dans la fonction publique.
Aujourd’hui , force est de constater que les syndicats de représentent qu’à peine 6 à 7 % des travailleurs (au regard des cotisations) , et pourtant ils peuvent bloquer l’économie d’une entreprise, d’une région et même d’un pays ! Il leur suffit d’avoir des meneurs bien rôdés et un motif qu’ils jugent "valable" pour eux…
Pour certains secteurs, comme la production d’énergie (raffineries, électricité, gaz…), les transports divers (trains, métros, routiers…), les services publiques (écoles…), les grèves affectent le bien-être, la sécurité d’un très grand nombre de personnes.
Ces grèves, ne doit-on pas les règlementer plus sévèrement ? -Ou tout simplement les interdire ?
Noé Babet


