Grève des médecins : l’intersyndicale locale appelle à la fermeture des cabinets dès ce samedi

Alors que la mobilisation nationale des médecins libéraux s’intensifie, l'intersyndicale réunionnaise appelle à la fermeture des cabinets médicaux ce samedi 10 janvier et soutient un mouvement de grève qualifié d’historique dans les cliniques de l’île. Les professionnels dénoncent une remise en cause profonde de la médecine libérale et alertent sur les conséquences directes pour l’accès aux soins des Réunionnais.
À La Réunion, les établissements de santé privés se préparent à un mouvement d’ampleur. Du samedi 10 au mercredi 14 janvier, la plupart des cliniques de l’île participeront à la grève nationale lancée par l’intersyndicale des médecins libéraux. Le mouvement est soutenu par la Fédération de l’Hospitalisation Privée (FHP) ainsi que par les syndicats CGT et FO de la Sécurité sociale. Les praticiens alertent sur un risque de rupture du système de soins, déjà sous tension.
Selon l’intersyndicale, la médecine libérale en France représente près de deux millions de consultations par jour, soit 80 % des consultations totales, 60 % de l’activité chirurgicale et la grande majorité des actes d’endoscopie et de radiologie. À La Réunion, environ 1 400 médecins exercent en cabinet ou en établissement, assurant une prise en charge essentielle pour la population locale.
« Attaque sans précédent »
Depuis l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), les syndicats dénoncent une « attaque sans précédent » contre leur profession. Ils accusent le gouvernement, la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et certains parlementaires d’alimenter un climat de défiance à leur égard. Pour eux, la crise actuelle résulte de politiques publiques ayant réduit la formation médicale malgré une population en croissance et des besoins sanitaires accrus.
Les praticiens fustigent la baisse des honoraires, les sanctions liées aux arrêts de travail jugés abusifs et les pénalités infligées en cas de non-consultation du dossier médical partagé (DMP). Ils dénoncent également une enveloppe budgétaire contrainte, les obligeant à « travailler plus pour gagner moins ». La décision du gouvernement, début novembre, de baisser certains tarifs sans concertation, illustre selon eux le mépris dont souffre la profession.
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La hausse continue des charges, la difficulté à renouveler certains équipements médicaux lourds et la charge administrative jugée « démesurée » aggravent le malaise. Les syndicats estiment que la bureaucratie et la numérisation forcent les médecins à passer plus de temps derrière un écran qu’auprès des patients.
Enfin, la perspective d’un déremboursement des soins prescrits par les médecins de secteur 3 est vécue comme une remise en cause de la liberté de choix du praticien et du patient. L’intersyndicale alerte : « Si la médecine libérale s’effondre, c’est tout le système de santé qui vacillera. »
En dix ans, le nombre de médecins libéraux aurait chuté de 12,5 %, et six généralistes sur dix ne seraient plus médecins traitants. À La Réunion comme ailleurs, les syndicats – parmi lesquels la CSMF Réunion, le SIOI, Avenir Spé, MG France Réunion, l’UFML ou la FMF – redoutent que les patients deviennent les premières victimes d’un système à bout de souffle.


