Grand Port Maritime : les systèmes de mise à sec des bateaux sont en rade

Depuis juin dernier, la colère gronde dans le petit milieu de la mer à La Réunion et plus spécialement chez les plaisanciers. Les deux systèmes de levage permettant de mettre les bateaux à sec sont en rade en dépit des efforts déployés par le Grand Port Maritime pour trouver des solutions.
La grogne commence à se faire sentir chez les plaisanciers qui fréquentent le port de la Pointe des Galets labellisé trois anneaux pour la qualité de ses prestations. Depuis le mois de juin, ils sont en effet privés des deux engins de levage déployés par le Grand Port Maritime permettant de mettre à sec ou à l'eau leurs embarcations.
Les difficultés ont débuté le 29 avril dernier quand l'élévateur à sangle, dédié aux bateaux d'un poids maximal de 60 tonnes, est tombé en panne. Cette machine à quatre roues, qui a l'avantage d'être tout terrain, fonctionne avec un moteur diesel AdBlue dont le système anti-pollution ne fonctionne plus. Comme il s'agit d'un modèle récent fourni par la société Mecatruck, le Grand Port Maritime s'est tourné vers le prestataire pour résoudre l'avarie.
“Pas de date de remise en route”
“Ils font tout pour résoudre le problème, mais ils n'y sont pas encore parvenus”, se désole un responsable du Grand Port Maritime. Un technicien a bien le fait le déplacement depuis la métropole et tout un tas de pièces ont été changés, mais rien n'y a fait jusqu'à présent. “Nous n'avons pas de date de remise en route”, avoue notre interlocuteur.
Néanmoins, les plaisanciers pouvaient toujours bénéficier du “Slipway”, le second système de mise à sec prévu pour intervenir sur des embarcations jusqu'à 650 tonnes et 63 mètres de long. Seulement voilà, lui aussi a dû être mis hors circuit dans le courant du mois de juin. Il s'agit là d'un système moins flexible puisqu'il repose sur des rails fixes avec un engin doté de câbles extrêmement puissant.
Le “Slipway” en rupture de câble
“Cette plateforme a été construite dans les années 70 par les Formosans qui venaient réparer leurs embarcations à la Pointe des Galets”, indique le responsable du Grand Port Maritime. Quand ils se sont retirés sur l'île Maurice dans les années 80, ils ont laissé leur installation dont les bateaux attachés à La Réunion profitent toujours. Mais le temps a fait son œuvre et le “Slipway” est quelque peu fatigué. “En juin dernier, nous avons découvert lors d'un contrôle Véritas qu'un des câbles était en partie rompu et qu'il présentait donc un danger pour les usagers”, explique le responsable du Grand Port.
L'engin a donc été mis à l'arrêt. La chance pour le Grand Port Maritime est qu'en dépit du demi-siècle qui s'est écoulé, ses responsables ont pu retrouver le fabricant implanté en Pologne et toujours debout. “Ils ont accepté de le re-fabriquer. Il est actuellement en route pour La Réunion et son retour est imminent”, précise le cadre.
Une grue en guise joker mais “un gros manque à gagner”
En attendant, une grue de location a été positionnée pour prendre en charge les embarcations légères inférieures à 15 tonnes comme les catamarans. “Cela présente un coût plus élevé avec des rendez-vous pour organiser la montée et la descente des bateaux”, reconnaît avec embarras le responsable du Grand Port Maritime. Ce qui n'empêche pas les bateaux compris entre 15 et 60 tonnes, pris en charge par l'élévateur sur roue, de rester à quai ou à l'eau, selon leur situation. Idem évidemment pour les plus gros navires.
Le problème n'est pas isolé car il se trouve que l'unique engin de levage en fonction à Saint-Pierre est, lui aussi, hors circuit. Comment va réagir le petit milieu des plaisanciers face à cette série de mauvaises nouvelles ? Difficile à dire, mais certains envisageraient une action si aucune solution n'est mise en œuvre d'ici à la fin de la semaine, prévient un de ses interlocuteurs. “Les plaisanciers râlent sérieusement car ils ont un gros manque à gagner...”


