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Grand Brûlé : jusqu'à 10 mètres sous la lave, quand pourra-t-on circuler sur la RN2 ?

Ecrit par P.M. – le samedi 28 mars 2026 à 06H09
La RN2 est coupée depuis le 13 mars au coeur du Grand-Brûlé.

La RN2, coupée dans le Grand Brûlé entre Sainte-Rose et Saint-Philippe depuis le vendredi 13 mars par les coulées du Piton de la Fournaise, pourrait rouvrir de manière provisoire d’ici deux mois, selon Éric Boiteux, chef d’exploitation des routes à la Région Réunion. Si l’activité volcanique ne reprend pas d’ici là.

En charge de l’exploitation des routes à la Région Réunion, Éric Boiteux a une particularité par rapport à ses confrères de métropole : ici, les routes peuvent disparaître sous la lave et doivent parfois être reconstruites sur des coulées pas encore totalement refroidies. Un risque que le responsable, habitué à composer avec les cyclones, éruptions et autres éboulis, veut éviter au maximum, tout en tenant compte de l’impatience de nombreux usagers.

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Si le spectacle du volcan continue de faire la joie des visiteurs, la fermeture de la RN2 complique en revanche le quotidien de nombreux professionnels. C’est notamment le cas d’une trentaine d’enseignants originaires du Sud qui travaillent à Sainte-Rose, et inversement, contraints à de longs détours depuis la fermeture de la route.

La Région veut intervenir rapidement. "Pour démarrer les travaux, on est entre 15 jours et un mois. Le temps que ça refroidisse et de pouvoir ouvrir une nouvelle circulation. On a déjà anticipé, on a un dossier qui va être déposé au Parc national et on travaille avec la préfecture, le Parc et l’Observatoire pour pouvoir intervenir dès que les conditions seront réunies", commente le responsable, joint ce vendredi 27 mars.

Une réunion est prévue dès la semaine prochaine entre l’ensemble des acteurs concernés et apportera plus de détails aux techniciens de La Région.

L'épaisseur de la lave est estimée au plus fort, pour l'instant, entre "5 et 10 mètres".

Une reprise de l'activité pas exclue

“L’idée, c’est d’essayer de faire une piste provisoire pour pouvoir circuler, et ensuite on continuera les travaux pour faire la route définitive,” poursuit le responsable. Si tout se passe bien, une réouverture provisoire pourrait intervenir d’ici deux mois, selon l’estimation avancée par Éric Boiteux selon les éléments en sa possession et en l'absence bien sûr d'une reprise de l'activité, ce qui n'est pas encore exclu.

Si le trémor volcanique a cessé, les scientifiques restent prudents. L’Observatoire volcanologique indique qu’aucune hypothèse n’est écartée pour l'heure : arrêt définitif, reprise de l’activité sur le même site ou ouverture d’une nouvelle fissure. Des reprises brutales ont déjà été observées, notamment lors de l’éruption de 2015.

Sur le terrain, la lave continue par endroits de s’écouler vers la mer, alimentée par des tunnels encore en cours de vidange sur plus de 7 kilomètres, précise le responsable des routes. Le refroidissement complet pourrait prendre plusieurs mois.

430 mètres de route sous la lave

La RN2 est aujourd’hui recouverte sur environ 430 mètres. L’épaisseur de lave varie selon les zones. “Au niveau des deux bras principaux, on l’estime entre 5 et 10 mètres et à moins de 5 mètres sur près de la moitié du linéaire de la route. Sur 430 mètres de chaussée recouverts, la moitié a une épaisseur plutôt faible, entre 1 et 2 mètres.”

Des précisions doivent être apportées sur ce sujet. L’épaisseur reste en tout cas bien moindre que lors de la coulée de 2007, qui avait nécessité plus de six mois d'attente avant la réouverture de la route.

Le principal risque pour le chantier est l’effondrement du sol sous le poids des engins en cas de présence d’anciens tunnels, avec des températures qui restent élevées. Des précautions seront prises pour sécuriser au maximum les engins.

Une piste provisoire avant la reconstruction

Le scénario envisagé consiste à créer d’abord une piste provisoire : la lave sera cassée, nivelée, puis recouverte de matériaux de chaussée afin de recréer une plateforme de circulation.

Plusieurs étapes sont envisagées : d’abord éventuellement un passage piéton, puis une piste provisoire pour véhicules, avec la possibilité d’organiser des convois à horaires fixes une fois la liaison rétablie entre les deux côtés.

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“Sur les zones les moins épaisses, on pense qu’on va pouvoir travailler assez vite. Après, il ne faut plus qu’il y ait de lave en fusion juste dessous, sinon il y a un risque d’effondrement,” résume le chef d’exploitation.

La reconstruction complète de la route interviendrait dans un second temps, plutôt au second semestre.

La pluie peut accélérer le chantier

Le calendrier dépendra en grande partie du refroidissement de la lave. “La pluie nous aide beaucoup, ça refroidit plus vite,” indique Éric Boiteux. Si les conditions évoluent favorablement et en l’absence de reprise de l’éruption, la RN2 pourrait donc rouvrir partiellement d’ici la fin du mois de mai.

Le coût du chantier devrait dépasser le million d’euros.

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