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Gilbert, les voies du Ciel sont capricieuses

Ecrit par zinfos974 – le lundi 24 mars 2014 à 09H39

Frappé en plein Ciel, le Gilbert ! « Bon Dieu lé farceur », répétait à satiété mon adorable grand-mère Francia. Elle ne pensait pas si bien dire. Son évêque (pas trop aimé) « cardiaquisé » en vol !

Il en va des gens de religion comme de tous les autres corps de métier. Lorsque s'y ajoute la vocation, l'investissement personnel total, le dessein de servir, l'organisme ne peut que prendre des coups. Et les rendre avec usure.

Nommé très jeune à la tête du diocèse, notre évêque a pris le mors aux dents. Le notable, le prélat onctueux était donc un mercenaire de la foi ? Landernea u en a été remué de fond en comble. Un guerrier spirituel, social, politique sur tous les fronts. Il en exaspéré plus d’un.

Fallait-il qu’il fût costaud, le Gilbert, pour tout encaisser sans se départir de son flegme énervant ! Ce calme apparent qui camoufle (mal à mon avis) le bouillonnement d’une âme fort trempée mais qui ne s’autorise aucun écart.

Le poète sait tempérer les excès de la passion. Et quel poète ! Avec lui, les instances locales de l’Eglise sont devenues « l’Eglise à La Réunion » et la nuance n’est pas mince sans être une nuance de simple vocabulaire.

Qu’il ressente au plus profond de lui-même les soubresauts de son diocèse est patent. Il n’y a pas si longtemps, affecté par les remous sexistes de son église, il a dû prendre du recul et s’exiler pour se ressourcer.

Pour autant, le saint homme a une famille. La perte très récente de son frère a eu une conséquence, inconsciente peut-être (mais Gilbert est-il jamais inconscient de quoi que ce soit ?), mais bel et bien réelle et affective. On ne vit pas sans dommage le décès d’un proche.

On ne se dépêtre jamais vraiment d’une telle somme de charges pastorales, intellectuelles, poétiques, affectives et spirituelles. Gilbert n’est pas Superman, même s’il présente de sérieuses dispositions pour le rôle.

Je veux ici préciser deux choses à l’intention de prévisibles critiques…

Un : si j’ai l’irrévérence d’appeler « Gilbert » celui qui porte le titre de « Monseigneur », c’est parce que si je respecte Monseigneur, j’aime encore plus l’ami Gilbert. En public, pour respecter le protocole, je lui sers du « Monseigneur, vous… » long comme le bras. Entre nous, l’amitié efface toutes les convenances.
Deux : je ne suis pas une grenouille de bénitier. Gilbert sait que je n’ai pas de religion. Mais que je suis croyant. Ceux qui me connaissent bien disent même que je suis un mystique, allez voir lé vrai !

Si j’écris ces lignes, ce n’est aucunement dans une optique religieuse. La foi simple des braves gens ne me gêne aucunement. Permettez-moi simplement de n’avoir pas besoin « d’être en parmi » pour m’adresser à un Etre au-dessus.

J’ai le privilège (mais je ne suis pas le seul, loin de là) de partager un amour avec Gilbert…

Lorsqu’il fut nommé évêque, il plaça son sacerdoce sous le signe de Jésus. Voilà un mec !

Si la Bible est passionnante, elle est aussi, souvent, hilarante. Mais l’enseignement de Jésus, c’est autre chose, empli de sincérité, d’amour, de générosité.
La main tendue, le pardon, la tendresse, la compréhension…

Voilà pourquoi j’aime Gilbert Aubry. Pas parce qu’il est curé. Parce qu’il est un homme à l’écoute des hommes.

Il n’est pas un saint homme ? Moi non plus. Et vous ?

Il a commis des erreurs dans sa gestion du diocèse ? Peut-être mais… citez-moi un seul chef de service, un seul maire, un seul député, un seul président qui n’en ait jamais commis.

Quoi qu’il en soit, je m’adresse à Gilbert… Oups ! à Monseigneur : rétablis-toi vite, ami cher.

Je partage ta peine pour la perte de ton frère. J’ai moi-même un frangin qui se meurt. Il résiste envers et contre tout contre les pires pronostics de ses chirurgiens. Il leur fait la nique depuis trois ans. Ce que tu éprouves, je l’ai au fond de mes tripes.

Au plaisir de te retrouver bientôt, aussi incisif que d’habitude. Tu nous manques déjà car les vrais emmerdeurs sont plutôt rares par les temps qui courent.

Bien irrévérencieusement, ton ami

Jules Bénard

 

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