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Gérald Darmanin à La Réunion : des annonces accueillies avec prudence par les syndicats pénitentiaires

Ecrit par Gaetan Dumuids – le dimanche 22 février 2026 à 07H17
Vincent Pardoux et Alexandre Vissouvanadin

À l’issue de la visite du garde des Sceaux Gérald Darmanin dans les prisons de l'île ce samedi 21 février, les syndicats pénitentiaires saluent l’écoute affichée, mais attendent des engagements concrets. La perspective d’une nouvelle prison dans le sud suscite à la fois espoir et scepticisme.

La visite du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, dans les établissements pénitentiaires réunionnais n’a pas laissé les syndicats indifférents. Entre projections ministérielles et attentes persistantes des personnels, le sentiment dominant reste celui d’une écoute sans véritable avancée concrète.

Lire aussi : "Oui, il y aura une nouvelle prison" : ce que Gérald Darmanin confirme (enfin) pour La Réunion

Pour Alexandre Vissouvanadin, secrétaire national UFAP-UNSA Justice, cette visite a au moins permis de remettre la question carcérale réunionnaise sur la table. « C’est bien de visiter, de voir que les détenus sont entassés à la maison d’arrêt de Saint-Pierre », explique-t-il, évoquant des conditions de détention dénoncées de longue date par les agents.

Selon lui, le ministre aurait évoqué la possibilité de relancer des recherches de terrain pour un futur établissement pénitentiaire dans le sud de l’île. « On est vraiment dans la projection », souligne toutefois le syndicaliste, précisant qu’aucun calendrier ni aucune capacité d’accueil n’ont été évoqués.

L’organisation syndicale affirme rester vigilante. « On a le droit d’y croire (…) et si on n’y croit pas, on saura hausser le ton syndicalement », prévient-il.

Un scepticisme plus marqué chez FO Justice

Du côté de FO Justice, la réaction est plus réservée. Vincent Pardoux, secrétaire régional FO Justice Réunion-Mayotte, explique que la rencontre s’est faite essentiellement avec un conseiller ministériel et non directement avec le ministre. « On a un peu la sensation d’avoir été écoutés, mais il n’y a pas forcément des choses concrètes qui en ressortent », résume-t-il.

Il souligne que certaines annonces relayées pendant la visite étaient déjà connues. L’enveloppe budgétaire évoquée, par exemple, remonterait à plusieurs mois et aurait déjà servi à renforcer les équipes locales de sécurité pénitentiaire.

Concernant la construction d’un nouvel établissement, il insiste sur la prudence : « Ce soir, il annonce (…) la reprise du dossier pour la construction d’un nouvel établissement. Mais je précise bien : la reprise d’un dossier. » Aucun terrain n’est identifié à ce stade, et selon lui, la construction d’une prison peut nécessiter jusqu’à dix ans une fois le foncier trouvé.

Une urgence carcérale toujours présente

Sur le terrain, la situation reste tendue. Vincent Pardoux rappelle la réalité de la surpopulation à Saint-Pierre : « 200 détenus, 114 places. On est sur un système de dortoir. (…) 16 détenus dans des dortoirs avec des matelas au sol. »

À cette promiscuité s’ajoutent des bâtiments vieillissants et parfois insalubres. « La difficulté, c’est le bâtimentaire et l’insalubrité (…) qui rendent les conditions difficiles », indique-t-il, évoquant un problème structurel que les personnels tentent de gérer au quotidien.

Si la création d’une prison modulaire d’environ 90 places est évoquée, elle ne suffirait pas, selon les syndicats, à absorber la surpopulation actuelle.

En l’absence d’annonces précises ou de calendrier, les agents pénitentiaires oscillent donc entre espoir prudent et scepticisme. Une chose semble néanmoins acquise pour eux : la question carcérale réunionnaise est toujours dans l'urgence.

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