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Genvrin, Folio, Pelen : virez-moi ces grandes gueules !

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 24 juillet 2013 à 10H27

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Vollard est sous les feux de la rampe, ce qui est logique en matière de théâtre. Ce qui arrive à notre ami Genvrin n’a rien pour étonner. C’est aussi le cas pour François Folio et son Théâtre d’Azur ; c’est encore et toujours le cas pour la bande à Pelen, Moucazambo et Cie.

Leur point commun est d’avoir été en butte aux volontés politiques et à l’inculture générale de ce même même monde politique. Et quand je dis « inculture »… Vous voulez un exemple ? J’ai eu l’occasion d’écrire un discours pour un maire sudiste lors d’un Festival de cinéma. A la fin de « son » discours, il a été chaudement félicité par le réalisateur Claude Pinoteau, président du jury, pour sa fabuleuse connaissance du 7è Art. Alors que de notoriété publique, ce maire ne va jamais au cinéma, il déteste ça.

La couleur politique, en l’occurrence, n’a rien à voir. Les ennuis actuels d’Emmanuel Genvrin viennent de la mairie socialiste d’Annette. D’autres politiques l’ont successivement « viré » de leur territoire de chasse : du Cinérama de la Possession, du cinéma Plaza de Saint-Louis… Folio, après avoir été défenestré (littéralement) de la mairie de Saint-Pierre par les nervis d’Elie Hoareau, s’est réfugié au Tampon, dans une structure privée qu’il paie de sa poche. Quant à Pelen, Moucazambo et leur Talipot, ils ont été délogés de Pierrefonds (municipalité de droite), cadre qu’ils valorisaient à merveille et qui donnait à la commune de Saint-Pierre une aura prestigieuse.

Or, les qualités de ces trois troupes (et des autres aussi d’ailleurs, Théâtre des Bambous, Théâtre sous les arbres, etc.) ne sauraient être mises en cause.

François Folio et le Théâtre d’Azur ont plus de trente créations à leur actif, savant compromis entre les pièces classiques (Les précieuses ridicules dernièrement encore) et des nouveautés issues de leur fertile talent. Je pense notamment à Médée, Des souris et des hommes, Proverbes créoles, Ti Krévèr, Sitarane…

Genvrin et ses complices ont, avec le bonheur que l’on sait, puisé dans le vivier historique  local pour monter des pièces proprement ahurissantes : Lepervenche, Quartier-Français, Nina Ségamour… Quel vertige !

Quant à Talipot, il a reçu, voici quelques années, la distinction enviée de Meilleure troupe internationale. Excusez du peu.
Mais alors, d’où vient que ces troupes soient ainsi pourchassées pire qu’à Salem ?

L’explication tient en deux mots : grandes gueules ! J’explique : ce n’est pas parce qu’ils sollicitent des subventions publiques qu’ils s’interdisent de dire ce qu’ils pensent. Et ce qu’ils pensent, ils le clament haut et fort, ce qui dérange Landerneau et fait bouillir les tenants du petit doigt sur la couture du pantalon.

Il faudra bien qu’un jour, on admette chez nos décideurs (qui financent tout et n’importe quoi, le plus souvent du mauvais) que la Culture et la création artistique ne peuvent être mises au pas (de l’oie ?) On fait des ponts d’or aux artistes venus d’ailleurs et qui ont bien raison d’accepter ce qu’on leur offre ainsi sans discernement. En échange de quoi nos meilleurs artistes locaux sont à la portion (in)congrue.

Les grandes gueules dérangent mais il faudra bien qu’ils fassent avec, je veux dire « que les financeurs fassent avec ! » Etre grande gueule, c’est supposé avoir mauvais caractère. C’était aussi le cas de l’Abbé Pierre, Coluche, Molière. J’aime.

Jules Bénard

 

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