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GDS : À peine nommé, le président déjà écarté

Après le départ de Yolaine Soucane et de son trésorier, le calme et la sérénité auraient dû être de retour au sein du GDS. L'assemblée générale de ce vendredi 15 mars a démontré qu'il semblait difficile de se défaire des méthodes du passé.
Ecrit par P.B. – le lundi 18 mars 2024 à 14H26

La surprise a été de taille. Réunis en assemblée générale vendredi au 19e km à la Plaine des Cafres, administrateurs et salariés du GDS (Groupement de Défense Sanitaire) ont finalement refusé de ratifier l'élection de Maximin Delblond à la présidence du GDS. L'éleveur de boeuf Moka, installé dans l'Ouest de l'île, avait été élu par les nouveaux administrateurs du GDS en février dernier.

Après les années de présidence tumultueuse sous Jérome Huet et Yolaine Soucane, Maximin Delblond devait incarner le renouveau mais “il a retourné sa veste”, pointe un éleveur de la Plaine des Cafres qui regrette que son confrère ait cédé aux sirènes des “avantages de la fonction”.

Samuel Cazembo, éleveur de lapins notamment, confirmé en AG au poste de secrétaire, a une autre lecture de la situation. “Il y a eu un putsch en quelque sorte. Il y a eu pas mal de tractations politiques, de pressions, mais aussi de rencontres avec les salariés. Il y avait beaucoup de grosses interrogations et des attentes qui ont mené à ce vote”, analyse-t-il. “Face aux mauvaises gestions du passé, il y a eu un vote d'incompréhension. Delblond s'est fait déchoir à cause d'une stratégie électorale”, déplore le secrétaire du GDS.

L'espoir né il y a un mois est en effet retombé vendredi sous le poids des "pressions". Les débats autour du redressement du GDS sont tendus. Si Jean-Michel Moutama, président de la CGPER, plaide pour le soutien de la FRCA (Fédération Régionale des Coopératives Agricoles à la Réunion) pour y aider, Frédéric Vienne, également présent, s'y oppose fermement.

Toujours en attente de subventions

Le conseil d'administration doit ainsi se réunir aujourd'hui pour élire une nouvelle présidence. Julie Fontaine, première vice-présidente, assure l'intérim. “On garde un noyau fort et on arrive à rester neutre”, maintient l'éleveuse de poulet de chair dans les hauts de Saint-Louis. “Choquée des conditions de travail des salariés”, Julie Fontaine entend avec son équipe redonner la “ confiance perdue”. À l'issue du CA de ce lundi, la jeune éleveuse a finalement été nommée présidente du GDS.

Le calendrier reste en effet serré. Ce mardi 19 mars, la nouvelle présidence a rendez-vous au tribunal de Saint-Pierre pour démontrer que la structure n'est pas en cessation de paiement. La situation financière du GDS, toujours en attente du reliquat de subventions de 2022, est préoccupante mais “c'est plutôt en bonne voie”, positive Jean-Marie Chatel, représentant du personnel. “Il y a eu des victoires lors de cette AG, les comptes ont été votés et le CA est représentatif. Nous avons besoin d'un GDS stable et viable pour garantir les conditions de l'OVS”, note-t-il. La structure est en effet mise en demeure par le préfet et il lui reste désormais un mois pour respecter une représentation équilibrée au sein de son conseil d'administration. 

À cela peut-être ajoutée la demande d'un audit complet tant financier que de gestion. L'objectif est aussi, rappellent certains salariés mais aussi des éleveurs, de trouver les moyens de mettre un terme au contrat de l'ancien président Jérome Huet, toujours embauché en tant que "chargé de mission développement".

Etiquettes : GDS

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