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Gardes à vue, "Uber coke" et mules : les policiers de la brigade des stups enchaînent les affaires tous azimuts

Ecrit par Eric Lainé – le samedi 4 avril 2026 à 16H42

Le trafic de produits stupéfiants continue de prospérer sur l’île. Cette semaine encore, les policiers du STPJ ont démantelé deux réseaux d’approvisionnement, l’un en zamal à destination de l’Ile Maurice et l’autre consacré à la revente de cocaïne en mode « Uber coke ». Parallèlement, ils ont géré les gardes à vue de cinq mules dont une en provenance de Thaïlande et une autre d’Ethiopie.

La brigade des stups du Service territorial de la police judiciaire (STPJ) a eu une semaine d’enfer avec la prise en compte de cinq mules à l’arrivée de l’aéroport Roland Garros et le démantèlement de deux filières au plan local, dans l’ouest de l’île. Samedi dernier 28 mars tout d’abord, les policiers ont mis à profit un tuyau de première main. Deux jeunes femmes d’une vingtaine d’années, en provenance d’Ile de France, ont été interceptée peu après leur arrivée sur le tarmac.

Dans leurs bagages, elles transportaient 5,5 kilos de cocaïne pour un montant estimé à 830.250 euros. Les deux recrues, attirées par l’appât du gain via les réseaux sociaux, ont eu beau jeu de dire qu’elles avaient été menacées. Néanmoins, le tribunal judiciaire s’est montré inflexible. Jugée en comparution immédiate, Sarena B. et Emma K., tout juste la vingtaine, ont écopé de quatre ans de prison ferme et de cinq années d’interdiction de paraître à La Réunion.

Une mule fait tomber un record avec 1,8 kilo de cocaïne in corpore

Les policiers n’ont guère eu le temps de souffler que déjà, le dimanche 29 mars, ils ont dû prendre en compte une nouvelle mule, un homme cette fois. Lui aussi venu d’Ile de France, il avait dissimulé dans sa valise 1,5 kilo de pollen de fleurs de cannabis mais aussi de la résine et de la MDMA. A l’issue de sa garde à vue, le francilien a été placé sous mandat de dépôt en attendant son procès en comparution immédiate à délai différé.

Le reste de la semaine, les enquêteurs du STPJ ont pris en charge deux autres mules d’origine étrangère. Il s’agit tout d’abord d’un Nigérian fraichement arrivé de Madagascar après une étape à Addis-Abeba, capitale de l’Ethiopie. L’homme a été contrôlé avec 1,8 kilo de cocaïne. Un petit record en soi puisqu’il transportait la drogue non pas dans ses bagages mais in corpore, sous la formule d’ovule naturellement. Lui aussi doit être jugé en comparution immédiate.

La 5ème mule avec de l’herbe de Bangkok

La cinquième mule de la semaine est un ressortissant britannique. Lui arrivait tout droit de Bangkok. Il avait en sa possession 16,5 kilos d’herbe de cannabis. Un circuit que les policiers connaissent maintenant bien puisque c’est la cinquième mule qui se fait ainsi pincer en provenance de Thaïlande. Cette nouvelle filière d’approvisionnement s’explique par le fait que les autorités du pays ont légalisé le commerce de cannabis. La Réunion n’est d’ailleurs pas l’unique destination de ces passeurs d’un nouveau genre. Régulièrement, des petits malins se font interpeller à leur arrivée en France et plus généralement en Europe avec cette herbe particulièrement chargée en THC.

Une autre raison explique que les policiers du STPJ de Malartic ont eu fort à faire cette semaine avec la lutte contre le trafic de produits stupéfiants. Ils avaient deux opérations programmées sur les bras. La première les a conduits à procéder à un coup de filet, lundi dernier. Avec l’appui de leurs collègues de l’antenne du RAID, de l’équipe cynophile et de la BAC territoriale, ils ont procédé à l’arrestation de quatre suspects dans les hauts de Saint-Paul.

Les cannabiculteurs destinaient le zamal à l’Ile Maurice

Il s’agissait d’un important trafic de zamal en lien avec l’Ile Maurice. Grâce à un renseignement, nourri d’un minutieux travail de surveillance qui s’est étiré sur un mois et demi, ils ont pu ainsi établir l’existence d’un système de cannabiculture sous serre, organisé sur plusieurs parcelles. 90 pieds de zamal ont été arrachés et ils ont pu établir que les trafiquants, dont trois appartenaient à la même famille, se livraient ensuite à l’exportation du zamal vers l’Ile sœur.

Au cours des gardes à vue, deux des suspects ont reconnu avoir pris part au trafic. Ils feront l’objet d’un procès en mode plaider coupable ultérieurement. Un autre en est quitte avec une convocation par COPJ pour une audience correctionnelle à venir. Un autre a été laissé libre à l’issue des auditions.

De la poudre livrée en mode « Uber coke »

La seconde opération a été déclenchée mardi dernier 31 mars. Elle a permis de démanteler un trafic de cocaïne particulièrement juteux qui alimentait l’ouest de l’île et le chef-lieu avec un mode opératoire inédit à La Réunion. Ainsi, les trafiquants prenaient les commandes via les réseaux sociaux tandis que des petites mains se lançaient sur les routes de l’île pour livrer la marchandise illico presto, en mode « Uber coke » et à des prix défiants toute concurrence. Quatre des six suspects arrêtés doivent faire l’objet d’une comparution immédiate en début de semaine.

Etiquettes : Cocaïne | Mules

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