Frédéric Maillot : "Vann pa nou la fimé pa pint"

Pour être précis, ce Comité ne concerne que les ministres et non les députés qui n’ont assisté qu’à des réunions d’informations et non de travail ou de contribution.
La vie chère, l’attractivité économique, l’adaptation des normes aux réalités locales, l’éducation ou encore la transition écologique sont des axes sur lesquels le gouvernement affiche une posture volontariste mais il nous reste maintenant à savoir comment les promesses vont se décliner de manière très concrète. De manière concrète, il faut désormais veiller au respect de cette feuille de route gouvernementale et surtout veiller à ce que les moyens humains et financiers soient à la hauteur des ambitions affichées. En outre, nous devons être associés à chacune de ces mesures pour s’assurer de leur efficacité.
L’ESSENTIEL DES MESURES
Je m’attarderai sur les points que je trouve les plus importants et sur lesquels je travaille depuis le début de ma mandature.
VIE CHÈRE
On le sait tous, la vie chère est le problème n°1 pour tous les ultramarins que nous sommes. Mais en ciblant l’octroi de mer comme cause principale de la vie chère, le Gouvernement prend une posture dangereuse car il demande désormais aux collectivités de gérer cette taxe mais il faut être vigilant. L’octroi de mer est une taxe qui reste aujourd’hui le principal financement des collectivités territoriales. Sa réforme doit se faire en bonne intelligence et surtout éviter le système d’une taxe envoyée à Paris et redistribuée arbitrairement aux collectivités territoriales qui en auront la charge et la responsabilité.
Encore une fois, lier octroi de mer et vie chère est un raccourci facile et dangereux. Il existe d’autres causes, relevées par les experts auditionnés en commission d’enquête parlementaire, qu’il faut savoir regarder pleinement, avec courage et persévérance politique. Notre constat à la suite de l’enquête parlementaire sur la vie chère en Outre-mer : les Outremer ont été laissés à la solde d’acteurs privés qui n’ont que faire de la concurrence. Les contrôles sont parcellaires et de toute évidence insuffisants.
Il faut veiller à une réelle politique de protection de la concurrence dédiée aux départements ultramarins qui doit se traduire par un département / une mission / Task Force dédiée au sein de l’Autorité de la concurrence avec le financement et les moyens humains nécessaires.
SE LOGER À LA RÉUNION
Sur le plan du logement, les mesures restent insuffisantes : le Gouvernement reconnaît que 80 % de la population ultramarine est éligible au logement social et 70 % au très social mais les besoins restent criants. À La Réunion, ce n’est pas moins de 40 850 demandes de logements qui ont été faites pour une population de 868 000 habitants. Face à cela, seuls 1784 logements sociaux ont été mis en service (entre janvier 2020 et janvier 2021) soit le deuxième volume le plus faible constaté sur les cinq dernières années.
Le Gouvernement se félicite de son Plan Logement Outre-mer 2019-2023 mais la délégation sénatoriale outre-mer a d’ores et déjà fait état de l’échec de la politique menée de 2015 à 2019. Reste à voir si le crédit d’impôt de rénovation des logements sociaux hors des Quartiers Prioritaires de la politique de la ville ainsi que les augmentations d’aide d’État de 35 à 50% pour les rénovations de logement destinés aux propriétaires modestes seront des mesures suffisantes et correctement fléchées pour les populations concernées.


