Fraude électorale de 2021 : six prévenus, dont Béatrice Sigismeau, jugés à Saint-Pierre

L’enquête débute le 15 juin 2021. Elle met en lumière un système édifiant dans lequel des agents de collectivité auraient manœuvré et entaché la sincérité du scrutin aux cantonales de 2021 à Saint-Pierre.
Au cœur de la fraude : des personnes parfois vulnérables et/ou âgées qui ne connaissaient pas leur mandataire, des mandataires qui n’ont jamais rencontré les personnes dont ils détenaient la procuration, et un médecin qui a établi des certificats sans même voir les personnes concernées.
Le docteur Bénard, conseiller municipal durant le premier mandat de Michel Fontaine, installé au moment des faits à la Ravine des Cabris, a établi ces certificats frauduleux.
À la barre, tous minimisent leur implication, assurant n’avoir accompli que de simples tâches : faire des photocopies, récupérer des pièces d’identité, les certificats médicaux, remplir des documents, les déposer au commissariat. « C’est dommage d’en arriver à ce stade-là. On a toujours fait comme ça », lance un coursier de la mairie qui démarchait les mandants pour établir les procurations.
À l’encontre de Béatrice Sigismeau, vingt-quatre mois de prison dont dix-huit avec sursis
« Ça fait partie du folklore ici. C’est l’habitude que des employés de mairie viennent récupérer des procurations », livre le médecin avant de se raviser.
« Ils sont les maillons d’une chaîne », tente de convaincre le parquet, pour qui la fraude électorale est avérée par les certificats médicaux falsifiés et le système dans lequel chacun avait un rôle. « Une personne pour chaque étape », pointe le ministère public.
À l’encontre du médecin, six mois de prison avec sursis, 7 000 euros d’amende et une interdiction définitive d’exercer sont requis.
Pour les employés communaux, les peines requises vont d’un an à dix-huit mois de sursis, assorties de deux ans d’inéligibilité et d’un an de privation des droits civiques, selon le degré d’implication.
À l’encontre de Béatrice Sigismeau, « pour avoir organisé le système frauduleux » et en avoir bénéficié, vingt-quatre mois de prison dont dix-huit avec sursis, 10 000 euros d’amende, deux ans d’inéligibilité et un an de privation du droit de vote sont requis.


