François Asselineau vient prôner la "Réunionexit"

C’est dans une « région ultra-périphérique » de l’Union européenne que le candidat du Frexit François Asselineau se rend à compter d’aujourd’hui. Le président de l’Union populaire républicaine se donne le temps, pendant quatre jours, de visiter notre département et de "booster" ses militants à six semaines du verdict des urnes.
Dans l’optique de la campagne électorale à venir, l’UPR avait réactivé sa section à l’île de La Réunion en octobre dernier. A la recherche d’un délégué départemental, le parti fondé par François Asselineau avait reçu à Orléans Florian Binet et a confié à ce dernier la mission de faire vivre les idées de l’UPR localement.
"Invisibilisé par les médias" comme il le dit lui-même, notamment lors de la dernière joute présidentielle pour laquelle il n’a pu concourir faute de parrainages suffisants comme en 2012 déjà, François Asselineau est réellement entré dans les foyers français en 2017, la seule fois où il a pu rassembler le nombre requis de signatures.
Avec la présidentielle, l’élection européenne constitue la fenêtre médiatique à ne pas rater pour le parti créé en 2007. Un parti qui peine à séduire l’électorat. Faut-il y voir une corrélation avec la faible visibilité des idées de l’UPR dans les médias ? Le candidat en est persuadé.
Le 23 avril 2017, au premier tour de la présidentielle, François Asselineau récoltait 0,92% des suffrages exprimés sur la France entière soit 332 547 voix. A La Réunion, son discours anti-Bruxelles avait, proportionnellement au nombre de votants, un peu plus séduit que sur l’ensemble national avec 6 029 électeurs péi soit 1,72% des suffrages exprimés.
Sa propre chaîne YouTube à défaut de TF1 ou France 2
Malgré les dix-sept années d’existence de l’UPR, son leader n’a pas varié son discours anti-européen contrairement au Rassemblement national. Là où le parti de Marine Le Pen a préféré abandonner l’idée d’un Frexit pur et dur au vu du peu d’entrain suscité au sein de la population, l’énarque Asselineau continue de défendre un retrait de la France de "la tutelle étrangère". Une sortie qui s'accompagnerait naturellement d'une sortie de la monnaie unique. Le logo du parti frappé d'un rameau d’olivier, celui-là même qui a été gravé sur les pièces en Francs par Oscar Roty en 1897, affiche cette volonté de l'UPR de redonner à la France les pleins pouvoirs sur son destin. "Sans notre monnaie nationale, il n'y a pas de changement d'orientations économiques et sociales possible, donc pas de démocratie réelle", lance ainsi l'UPR dans son manifeste.
A défaut d’être régulièrement convié à la table des grands médias nationaux, l’ancien inspecteur général des finances et haut fonctionnaire ministériel peut compter sur des sympathisants qui ne cessent de vanter chacune de ses démonstrations diffusées sur la chaine dédiée UPR TV disponible sur Internet, seul canal de diffusion à grande échelle où le président-fondateur de l'UPR peut partager son envie d'actionner l'article 50 du Traité de l'Union, celui-là même que la Grande-Bretagne a enclenché en 2017.
A ce titre, en ce début d’année 2024, François Asselineau s'est rappelé au bon souvenir de l’ARCOM (ex-CSA) pour marquer une nouvelle fois son étonnement de voir le traitement médiatique qui lui est promis dans les mainstream lors de cette campagne officielle qui s’est ouverte ce lundi 15 avril. Une incompréhension d’autant plus grande pour le candidat que les récentes recommandations du gendarme des médias pour les Européennes élargissent les critères de médiatisation des formations politiques jusqu'au poids qu’elles rencontrent sur les réseaux sociaux.
De 90 000 abonnés en 2019 lors des dernières Européennes, la chaîne YouTube de l’UPR est passée à 447 000 abonnés. Cette croissance du nombre de « suiveurs 2.0 » fera-t-elle pour autant accroître le score de l’UPR (1,9% en 2019) dans la même proportion ce 9 juin ? La tête de liste table en tout cas sur un score atteignant 3% selon des indiscrétions qu'il a obtenues d’une source travaillant dans un institut de sondage et d'une autre émanant d'un service d'Etat.
A La Réunion, c'est à Saint-Pierre à l'hôtel Villa Delisle ce mercredi soir 19h30 et à la Salle Candin à Saint-Denis à la même heure jeudi qu'il tentera de convaincre encore plus d'électeurs. Des électeurs qui ont l'embarras du choix en cette semaine de défilés des candidats.
Un extrait du courrier de François Asselineau à l'ARCOM ce 3 avril :



