Fonds européens : Audrey Bélim refuse que Bruxelles « sacrifie » l'outre-mer

La sénatrice socialiste Audrey Bélim a alerté, jeudi à Bruxelles, sur les conséquences jugées « dramatiques » de la réforme budgétaire 2028-2034 proposée par la Commission européenne. Aux côtés de la Production Locale Réunie, elle dénonce la disparition programmée des aides spécifiques aux régions ultrapériphériques, dont dépend une large part de l’économie réunionnaise.
Lors d’une conférence organisée par Eurodom, la sénatrice Audrey Bélim a pris la parole pour défendre les intérêts de La Réunion et des autres territoires ultramarins face au projet de refonte du budget européen. Selon la parlementaire, la proposition de la Commission consiste à fusionner la politique de cohésion, la PAC et la politique de la pêche dans un seul instrument national, entraînant la suppression pure et simple des dispositifs spécifiques aux RUP, tels que le Posei agricole, les compensations pêche ou encore les allocations Feder-RUP.
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Le nouveau cadre budgétaire ferait passer la dotation française à 3,7 milliards d’euros pour l’ensemble des régions les moins développées, contre 3,45 milliards actuellement pour les seules RUP. Une situation jugée inacceptable par la sénatrice : ces crédits seraient désormais partagés entre six millions d’habitants hexagonaux et deux millions d’ultramarins, réduisant considérablement les ressources destinées aux territoires d’outre-mer.
« Bruxelles nous paraît loin, mais ses décisions changent la vie de nos agriculteurs, de nos familles et de nos entreprises », a insisté Audrey Bélim, rappelant que ces fonds structurants sont au cœur de la souveraineté alimentaire et économique de La Réunion.
Un combat pour la souveraineté alimentaire
La sénatrice a souligné que La Réunion produit aujourd’hui 70 % de ses fruits et légumes et 98 % de ses œufs localement, des progrès rendus possibles grâce au soutien européen. « Remettre en cause ces financements, c’est remettre en cause cette dynamique », avertit-elle.
Aux côtés des eurodéputés Nora Mebarek et Raphaël Glucksmann, Audrey Bélim a co-signé une tribune dans Le Monde et une lettre adressée à Ursula von der Leyen pour demander le retrait pur et simple du texte. Les signataires réclament le maintien du Posei, la préservation des lignes budgétaires dédiées aux RUP et le respect de l’article 349 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui reconnaît la spécificité de ces territoires.
La sénatrice, récemment nommée secrétaire nationale du Parti socialiste aux relations entre les Outre-mer et l’Europe, plaide pour une approche constructive : adaptation des normes européennes dans le cadre du règlement Omnibus RUP, et création d’un POSEI pêche pour renforcer les filières locales.
« Je refuse qu’au nom d’une logique budgétaire à courte vue, l’Europe sacrifie nos territoires », conclut-elle. « La Réunion se bat. La Réunion se tient debout. Nou lé la. »


