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Foncier, énergie, budget : le potentiel caché de l’immobilier public réunionnais

Ecrit par Julien Delarue – le lundi 28 avril 2025 à 06H21

Inovista a présenté ce vendredi 25 avril les résultats de sa première étude sur le patrimoine immobilier des acteurs publics réunionnais. Une base de 7.000 immeubles a été identifiée, révélant des enjeux considérables en matière de transition énergétique, de valorisation foncière et de planification territoriale.

« Dans une ville équilibrée, il faut pouvoir se loger, travailler, produire, consommer, apprendre, se cultiver… Et sur ce dernier point, c’est souvent l’immobilier public qui soutient la dynamique », pose Vincent Le Baliner, directeur général d’Inovista. Depuis deux ans, Inovista intervient comme sous-traitant de l’UGAP, la centrale d’achats publics des collectivités, pour l’ensemble des départements d’Outre-mer. C’est dans ce cadre que la société a mené une première étude de grande ampleur à La Réunion sur les bâtiments détenus par l’ensemble des acteurs publics : communes, intercommunalités, Département, Région, mais aussi services de l’État.

16 à 20 millions de mètres carrés

Au total, 7.000 immeubles ont été recensés, à partir des fichiers de la DGFIP (administration fiscale), puis retraités par Inovista. « L’estimation globale place le parc immobilier public entre 16 et 20 millions de mètres carrés, soit 4 à 5 fois le volume du parc d’immobilier d’entreprise », estime Vincent Le Baliner. Casernes, mairies, centres de formation, équipements culturels ou sportifs : le spectre est large et couvre une part importante de l’animation urbaine.

Raphaël Lallemand, responsable du département études, souligne plusieurs enjeux forts : « D’abord la vétusté. Dans une EPCI, 40% des bâtiments ont plus de 20 ans. Ensuite la faible connaissance du patrimoine : taux d’occupation flou, surfaces vacantes non identifiées, et très peu de schémas directeurs élaborés par les collectivités. » Le manque de planification empêche aussi une meilleure valorisation financière. Certaines collectivités louent encore leurs locaux à des tarifs fixés il y a vingt ans, quand la pression foncière s’est fortement accrue. « Avec des recettes locatives actualisées, certains revenus pourraient être multipliés par quatre ou cinq », avance Vincent Le Baliner.

Autre enjeu : la transition énergétique. Parmi les 7.000 bâtiments identifiés, 2.000 dépassent les 1.000 m² et sont concernés par le décret tertiaire qui impose des objectifs de réduction de la consommation énergétique d’ici 2030, 2040 et 2050. « Dans certains cas, les diagnostics ont été faits, mais aucun travaux engagés. Ce sont pourtant des leviers d’action majeurs pour accompagner la transition écologique du territoire, surtout dans un contexte de « météo électrique » aussi tendue qu’à La Réunion », insiste-t-il.

Une réponse à la crise logement ?

Le foncier, enfin, concentre d’importants potentiels. Si l’on ajoute les terrains non bâtis, les propriétés publiques s’étendent sur 84.000 hectares. A titre d'exemple, Inovista a mené un croisement entre les données cadastrales du Département et les documents d’urbanisme : 71 hectares de foncier libre pourraient accueillir du logement ou de l’immobilier d’entreprise. « C’est considérable, surtout dans un contexte où l’Insee chiffre à 172.000 le nombre de logements à construire dans les prochaines années », rappelle Le Baliner.

Lire aussi : 172.500 logements à construire d'ici 2050 à la Réunion : le grand chantier pour loger tout le monde

En creux, c’est une incitation claire adressée aux décideurs locaux : connaître, gérer et valoriser son patrimoine immobilier n’est plus une option. « On peut produire, rénover, équilibrer le budget public, générer des recettes supplémentaires, et surtout participer à la construction d’une vie urbaine harmonieuse », conclut le dirigeant.

Etiquettes : Entreprises | Foncier | Logement

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