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Festin de famille : le twerk dérape en agression sexuelle sur mineur

Ecrit par P.B. – le samedi 26 avril 2025 à 07H09

Un père de famille, qui a posé ses mains sur les seins d'une jeune fille de 15 ans alors qu'elle twerkait, a été jugé ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre.

Faire rebondir ses fesses dans un mouvement saccadé. Le twerk des clips de rap et dancehall, véritable phénomène mondial, s'invite aussi dans les festins familiaux réunionnais. En août 2022, la jeune Alicia* est invitée à une fête chez sa tante, sans ses parents. La musique résonne, le rythme s'accélère, les jeunes entrent en scène et se mêlent aux adultes. Alicia et ses cousines twerkent.

Quelques jours plus tard, l'adolescente, reconnue à la MDPH, avoue à une assistante sociale du lycée avoir été agressée par un des invités de la fête. L'homme, Yves*, de 30 ans son aîné, a mis sa main dans sa culotte, confie-t-elle.

À la barre du tribunal, la mère d'Alicia indique que sa fille ne lui a parlé des faits que bien après. “Elle dansait le twerk, il a mis ses mains derrière elle, elle s'est débattue, il a mis sa main dans sa culotte”, reprend-elle les propos de sa fille.

Twerker, ce n'est pas une invitation

Yves nie les faits, il était ivre, reconnait-il, mais n'a commis aucune agression sexuelle. Alicia dansait de manière provocante, renvoie-t-il la balle comme de nombreux témoins de la fête interrogés. Ces derniers n'ont d'ailleurs pas vu la scène décrite pas Alicia mais certains décrivent en revanche qu'Yves a posé ses mains sur la poitrine de l'adolescente avant que quelqu'un lui rappelle qu'elle était encore mineure.

“Elle twerke, c'est déplacé, provoquant, mais que doivent faire les adultes autour d'elle”, tance le parquet. Si pour la représentante du ministère public, “la main dans la culotte n'est pas caractérisée”, l'agression sexuelle par les mains posées sur les seins de l'adolescente est retenue. “Est-ce que twerker de manière provocante est une invitation à des attouchements sexuels ?” 8 mois de sursis, l'interdiction de contact définitive avec la victime et l'inscription du prévenu dans le fichier des délinquants sexuels sont demandés.

“Il y a une différence entre être chiant et un prédateur sexuel”, pose pour commencer sa plaidoirie Me Alexandre Volz pour la défense d'Yves. L'avocat poursuit son argumentaire en tentant de faire sortir le prétoire de sa vision ethnocentrée du twerk. “C'est une façon de danser, c'est une danse culturelle”. Enfin, sur le plan juridique, il rappelle l'absence d'intention de son client : il ne savait pas qu'elle était mineure et les limites qu'elle entendait poser.

Réponse le 13 mai prochain.

*prénom d'emprunt

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