Facebook, le livre aux 250 millions de visages

"Untel souhaite vous ajouter comme ami", "une telle a posté un message sur votre mur"... Tels sont les messages que vous pouvez recevoir si vous possédez une page Facebook. Le site de "réseautage social" serait le 4ème plus visité selon Alexa Internet, spécialisé dans la statistique.
Le principe de Facebook est simple : se connecter avec des personnes connues ou inconnues, qu'elles soient des amis perdus de vue, des contacts professionnels, des collègues de bureaux, des amis d'amis... Chacun est le bienvenu sur Facebook, qui, au final, donne la possibilité d'être "ami" avec tout le monde et n'importe qui. Pour ce faire, il vous suffit de rechercher le nom de votre "futur ami" dans la zone de recherche du site, à condition bien sûr que lui-même soit inscrit sur le site.
Aujourd'hui, tout le monde s'y met. Facebook est devenu LE site où il faut être, pour rester dans le coup : les politiques trouvent là un moyen d'accroître leur popularité, les magasins eux-mêmes y font leur publicité; tout groupe de musique qui se respecte se doit d'avoir une page Facebook, tout comme il se devait d'avoir un Myspace (autre site de réseau social) il y a encore quelques mois.
Tandis que les jeunes voient là un moyen d'étendre leur réseau social et de rester en contact avec leurs amis - qu'ils soient géographiquement éloignés ou qu'ils n'aient pas la possibilité de se voir fréquemment - leurs aînés utilisent ce support à des fins plus "professionnelles". En effet, poster une demande d'emploi sur sa page Facebook est devenu chose courante.
Le site doit notamment son succès aux applications qu'il offre à ses utilisateurs; tout un panel d'activités est proposé, de l'horoscope quotidien aux tests et quizzes en tous genres, en passant par la publication de photos personnelles ou de musique. "C'est un moyen de se divertir", raconte David, étudiant, inscrit sur Facebook depuis un an. Il poursuit : "Je passe en moyenne 3h par jour sur le site, et un peu plus quand je suis en vacances". Il considère que les autres sites communautaires qui fleurissent sur l'île sont moins bien : "Je me connecte moins aux sites que je fréquentais avant."
Samira, 22 ans, va dans le même sens : "Facebook a révolutionné le monde du site communautaire, dans le sens où il est universel, tout le monde le connaît, tout le monde peut-être retrouvé à partir de son nom et prénom!"
Par ailleurs une des raisons qui pousse les gens à s'inscrire est bien l'envie de retrouver des amis d'enfance perdus de vue, car il y a de fortes chances qu'au détour d'un clic, on puisse tomber sur notre premier amour de maternelle ou notre "ex-meilleure amie" de la sixième.
Mais une fois l'ami(e) retrouvé, prenez garde! Car dès lors, votre vie n'aura plus de secret pour lui. De même que la sienne n'aura plus de secret pour vous. Rupture, nouveau petit copain, états d'âme, tout se sait sur Facebook. Là se pose le problème du respect de la vie privée. Les profils publics peuvent en effet être visités par n'importe qui. Conséquences : nos faits et gestes sont, pour ainsi dire, surveillés : on se rappelle notamment de l'employé américain licencié à la suite de photos compromettantes vues sur sa page...
"La discrétion et Facebook ne font pas bon ménage; si je vais à une soirée et que je ne veux pas que ça s'ébruite, si une tierce personne publie les photos de cette soirée sur sa page, c'est cuit. Le site peut livrer des détails compromettants sans le vouloir", soutient Samira, utilisatrice depuis 4 mois. David, lui, est prévenu des dangers de la divulgation d'informations privées. "L'important, c'est de savoir publier le strict nécessaire", rappelle-t-il.
Ces bémols n'empêchent pas le site de faire du chiffre d'affaire et de voir croître chaque jour son nombre d'inscrits. Selon une étude du Figaro, en France, le nombre d'utilisateurs est passé de 4,1 millions en octobre 2008 à 11 millions au début de juillet 2009. Ce qui était à la base le réseau fermé des étudiants d'Harvard est devenu progressivement un réseau entre universités, avant de finalement se transformer en cette gigantesque place publique virtuelle que l'on connaît.
Et vu son succès effréné, le "livre des visages" n'a pas fini de compter de nouvelles pages.


