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Exactions sur les lignes Semittel : Gare au retour de bâton !

Ecrit par zinfos974 – le lundi 17 février 2014 à 09H51

Insolences, décibels, exactions, agressions et autres choses insupportables ne cessent de se multiplier sur nos lignes de bus. Je vais parler des lignes 3 et 4 de la Semittel (les bus roses Alternéo de la CIVIS) mais les remarques sont tout aussi valables pour les autres systèmes de transports en commun.

Samedi 15 février, en plein midi, gare du marché couvert à Saint-Pierre. Une grand-mère, son petit-fils dans les bras, monte dans le bus 3, direction La Ravine-des-Cabris. Heure de pointe, le bus est plein, personne ne lui cède sa place !

« Chauffeur la pas fé in compte èk nous. Mi pouvais pas porte le ti marmaille jusqu’à La Ravine, alors moin la assise à lu à terre, contre la porte, sous les yeux d’le chauffeur. Juste en face de moin, navé deux femm’ la fé semblant engarde dehors pou pas voir à moin ! »

La dame s’est agenouillée à côté de son petit-fils et est restée ainsi jusqu’à Bois-d’Olive où une place s’est dégagée. Il faisait une chaleur de bête, selon ses dires.

« Moin la tiens la barre d’in’ main et moin la rafraîchi mon’ ti-fils èk mon éventail ».

Ce genre d’attitude est courant, quotidien. Un septuagénaire a connu la même mésaventure trois jours plus tôt. Même ligne, dans l’autre sens, 7 heures du matin.

« J’avais eu la chance de trouver une place assise mais il m’est déjà arrivé de faire le trajet debout. Le bus était bondé de collégiens et lycéens qui descendent à Casabona, au lycée Paul-Hermann.

« A l’arrêt de Joli-Fond est montée une vieille dame qui marchait courbée, 80 ans au moins, capeline la paille, cheveux bien blancs. C’est moi qui ai été obligé de lui céder ma place, le chauffeur n’a rien dit ! La vieille m’a dit en riant : ou néna mon âge taleur et c’est ou i donne à moin ot’ place ! Je lui ai rendu son sourire et ai dit à haute voix, de manière à être bien entendu : « coméla lé comme ça même grand-mère, bande jeunes trous d’cul là, zot boyo lé vissé su zot fauteuil, lé trop difficile donne la place in vieux moune ! »

Aucun des jeunes n’a moufté. Le chauffeur a fait profil bas.

Voici deux jours, un chauffeur a été agressé et a vu son bus caillassé par un voyou sur la ligne 4, qui dessert le même secteur. A la Semittel, on envisage très sérieusement de supprimer certaines lignes aux heures les plus périlleuses et tant pis pour les voyageurs honnêtes !

Alors, je voudrais dire deux choses.

D’abord au Conseil général qui gère les lignes : vous avez cessé de financer les emplois d’accompagnateurs dans les bus. Votre hantise du pognon dépasse de très loin le souci de la sécurité des passagers et des conducteurs. Mais vous ne pourrez zapper l’heure de rendre des comptes.

Ensuite aux forces de l’ordre et aux personnels de justice : vous êtes en surnombre, nous le savons. Alors… qui nous protège ? Personne ! Or, nous en avons marre de la voyoucratie. Mais vraiment marre.

Si, un de ces quatre, un voyou se fait mettre une tête au carré par des adultes excédés, vous allez les traîner en correctionnelle pour coups et blessures volontaires ? ou les absoudre (on peut toujours rêver) pour légitime défense ?

Je ne vais pas dévoiler un secret d’Etat en vous apprenant que nombre de personnes, qui ont peur pour leur intégrité physique, sortent avec quelque protection en poche. Si vous n’êtes plus là pour protéger vos citoyens, il faudra bien qu’ils se protègent eux-mêmes.

On ne peut plus dire à un crétin de baisser le son de sa musique débile sans se ramasser une volée de gnons ? C’est ce qui s’est passé pour ce chauffeur. Ne dites pas que vous ne le saviez pas.

A bon entendeur…

Jules Bénard

 

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