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Essai sociologique sur l’avenir politique de Madagascar

"Madagascar, IVème République, première démocratie ?" écrit par Nirina Rajaonison est un essai sociologique qui apporte une réflexion sur une nouvelle constitution qui tienne compte des valeurs traditionnelles malgaches en vue d'une stabilité politique qui soit démocratique.

Ecrit par Karine Maillot – le vendredi 10 juillet 2009 à 15H00

A travers un essai d’une quarantaine de pages, Nirina Rajaonison, président de l’association Ny Valiha (association culturelle pour la conservation dans la tradition musicale et artistique malgache), ancien élève de l’Institut d’étude politique de Strasbourg, président des forces vives de la région sud de la France en 1991, co-fondateur des Malgaches à La Réunion en 2002, fait la proposition d’un Etat unitaire, avec une République unitaire et laïque qui limiterait « les crises cycliques qui ont fracturé la société malgache depuis son indépendance ». Il y a aujourd’hui sur la Grande Ile une « confrontation d’égo » dans les hautes sphères malgaches, fait remarquer un intervenant invité à la présentation de l’ouvrage.

Un régime semi-parlementaire

Dans son modèle, l’auteur propose un régime semi-parlementaire avec un 1er Ministre tournant et un Président qui serait le « Filoha » (chef en malgache), mais qui serait considéré comme le « gardien de la République ». Selon l’analyse de Nirina Rajaonison, l’instabilité politique a différentes causes, dont une qui est constitutionnelle : « Mon livre n’est pas politique. C’est un système que je critique. Il faut décentraliser le pouvoir et ne pas se calquer sur un modèle occidental, sinon nous risquons de voir se reproduire sans cesse des coups d’Etat ».

Une vraie alternance démocratique

Dans son ouvrage, l’auteur fait un diagnostic de la situation et propose des pistes de réflexion pour que la politique malgache tende vers une « alternance démocratique ». Dans sa réflexion, Nirina Rajaonison démontre que la constitution telle qu’elle est établie sur la Grande Ile n’est  pas utilisée dans l’intérêt du plus grand nombre. « Les Malgaches gardent plusieurs traumatismes. Du système souverain, Madagascar est passé au système colonial, puis à la résistance pour revenir à un système néo-colonial et arriver à la 3ème République. Mais les Malgaches restent dans un esprit de souveraineté (…). Ce peuple a toujours été considéré comme ignorant ». L’auteur ne nie pas qu’il y a certainement une volonté de maintenir la Grande Ile dans une certaine ignorance, ce qui expliquerait que le président de la République soit effectivement considéré tel « qu’un souverain, comme si que les Malgaches restaient dans la trame de la colonisation ».

« Madagascar doit sortir de son statut de victime »

« Il faut aussi que la population malgache sorte dans son statut de victime » assure le docteur Alice Ranorojaona-Pélerin, également membre de de l’association Ny Valiha, qui a traversé récemment Madagascar du Nord au Sud à la rencontre des villageois. « Les malgaches ne se sentent pas concernés par la politique. Ils sont encore dans un rapport de souverain/sujet en ce qui concerne le Président de la République. Nous devons aller au-delà de notre passé », affirme la militante, faisant référence à la sanglante répression du soulèvement de la Grande Île en 1947 et à son passé de pays colonisé et qui est encore présent dans la mémoire collective. Cette dernière reconnaît elle aussi que le pouvoir en place n’est pas dans une démarche « d’éduquer et de sensibiliser le peuple à une vision plus juste de la vie politique de leur pays »…

Impliquer les Malgaches dans le vie politique

Nirina Rajaonison reconnaît qu’il y a là un travail de longue haleine. « Les villages sont encore dirigés par des souverains, qui sont vus comme bienveillants (…). Le président de la République est de fait conçu comme tel, du fait que la majorité du peuple continue à vivre dans les valeurs traditionnelles. ll faut donc impliquer les Malgaches dans la vie politique. C’est aussi à la diaspora malgache d’éclairer ses compatriotes ».

L’ouvrage sera disponible aux éditions Azalées, sur l’île, en France et sur l’Ile Rouge.

 

 

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