Errance animale : L’abattage, "solution miracle" ou enfumage ?

Pendant que Murielle courait et finissait brillamment la Diagonale des Fous au nom de la "Diagonale des Sans Voix", que tout au long de son parcours, les associations se mobilisaient pour sensibiliser à la problématique de l’errance animale, qu’à l’initiative d’une bénévole, un rassemblement informatif avait lieu devant la préfecture de Saint-Denis, 3 nouvelles attaques de meutes de chiens sur des troupeaux avaient lieu ce week-end. Et avec elles, resurgit le spectre de l’abattage massif prôné par quelques-uns.
A l’heure où en de nombreux endroits de la planète, des solutions durables et respectueuses du statut de l’animal se multiplient, l’abattage ayant démontré son inefficacité, et si La Réunion s’inspirait de ces dernières ?
Cozumel, Mexique : pendant des années, la seule solution trouvée, pour endiguer la problématique des chiens errants a été de les empoisonner… Sur place, à même la rue. Sans succès pour autant. Depuis, les autorités ont fait le choix de la stérilisation massive, couplée à des programmes permanents d’éducation, de sensibilisation, des démarches d’adoption aux États-Unis. Et la politique porte ses fruits.
Dans le nord du Canada, débordée par les meutes de chiens, une communauté a mis en place une démarche globale avec l’aide de l’IFAW (Fond International pour la protection des animaux dont la France est partie prenante) : stérilisation, adoptions, sensibilisation dans les écoles, éducation des populations. Là encore, avec succès. Le parlement Russe a pour sa part voté un texte interdisant l’abattage, la capture et l’euthanasie via sa loi contre la cruauté faite aux animaux.
Peu à peu, Moscou qui était particulièrement confrontée au problème de l’errance animale, s’organise, entre démultiplication de refuges, stérilisation et politique d’adoption.
Au Texas, après une campagne de 2 ans intensive en termes de stérilisation, sur un campus servant de site-test, le nombre de chats errants a été divisé par 4 en un an et à l’issue des 2 années, seuls 3 chatons étaient recensés en termes de naissances…
Au Zanzibar, le gouvernement local soutenu par la WSPA a axé ses efforts sur l’encouragement des propriétaires à faire stériliser leurs compagnons à 4 pattes. Passé le moment de défiance, grâce à l’implication des leaders de communautés, au travail d’information et d’éducation mais aussi aux preuves d’innocuité de la stérilisation sur la santé des animaux, peu à peu les habitudes des propriétaires changent.


