Transfert de 84 détenus mahorais à La Réunion : "Nous ne pouvons pas être le réceptacle de toutes les difficultés de Mayotte"

Dans un communiqué, Ericka Bareigts, interpelle l'État sur le transfert de 84 détenus mahorais à La Réunion, dénonçant une mesure mettant en péril la sécurité locale. L'élue regrette que La Réunion soit seule pour palier les difficultés de Mayotte. La sénatrice Audrey Bélim exprime aussi son étonnement.
"Le transfert de 84 délinquants sanctionnés par des peines de prison n’est pas un sujet de solidarité, mais de responsabilité de l’Etat. Il doit construire des établissements pénitentiaires nécessaires dans chacun de ses territoires", déclare Ericka Bareigts suite à l'annonce du transfert de 84 détenus mahorais à La Réunion.
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"Nos prisons sont déjà saturées, le personnel pénitentiaire épuisé, et dans un contexte où l’insécurité progresse à La Réunion, cette mesure met gravement en péril la sécurité de notre territoire. En effet, prendre le risque de libérer de potentiels criminels dans nos rues est tout bonnement scandaleux", s'insurge la maire de Saint-Denis. "Bien que La Réunion fasse preuve de solidarité envers Mayotte, nous ne pouvons pas être le réceptacle de toutes les difficultés de Mayotte, exacerbées par la catastrophe de chido. La solidarité nationale ne peut reposer uniquement sur les épaules de La Réunion. L’Hexagone doit prendre sa part dans la solidarité à Mayotte", continue-t-elle.
Ericka Bareigts appelle "l’État à revenir sur sa décision au nom de la protection de notre île déjà largement mobilisée dans une solidarité régionale. Protéger les Réunionnais doit rester une priorité absolue."
De son côté, Audrey Bélim s'étonne d'apprendre le transfert "de 87 détenus mahorais à La Réunion en 2024 alors que seuls 27 avaient été évoqués jusque-là".
Elle rappelle par ailleurs avoir porté, lors des débats sur le Projet de loi de finances 2025 du 3 décembre dernier, un amendement visant la création d'une deuxième prison à Mayotte. Le taux d'occupation au centre pénitentiaire de Majicavo, à Mayotte, est de 252%.
Elle indique ainsi : "Le garde des Sceaux, Didier MIGAUD, a émis le 3 décembre un avis défavorable à cet amendement alors qu'aucun avancement n'est constaté sur le terrain malgré une promesse du garde des sceaux de l'époque en mars 2022 de construire un nouvel établissement à Mayotte. La solution ne peut être de déplacer un problème sur un autre territoire, mais de le résoudre à sa source. La République se doit de trouver des solutions structurelles, pas des palliatifs qui déplacent les difficultés de Mayotte vers La Réunion. "


