Eric Fruteau inéligible un an : "En 2014, je serai présent"

"Je n'ai jamais fraudé, abusé de la population, magouillé ou triché", lâche le maire de Saint-André, Eric Fruteau. Ce matin à Saint-André, il a tenu à commenter la décision du Conseil constitutionnel de le rendre inéligible pendant un an à compter de ce vendredi 12 avril. "C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai accueilli cette décision dure et injuste pour Saint-André", précise-t-il. Conséquence fâcheuse pour le maire de Saint-André, il ne pourra pas se présenter aux prochaines élections municipales de 2014, prévues en mars prochain, même s'il espère secrètement que la date arrêtée pour les élections ne soit pas encore figée. "La décision ne remet pas en cause mes fonctions en cours (maire et conseiller général du canton 2 de Saint-André ndlr), mais elle me priverait éventuellement des prochaines élections municipales", explique-t-il.
Dans sa décision, le Conseil constitutionnel s'est basé sur le rejet du compte de campagne d'Eric Fruteau, lors des dernières législatives de 2012, par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). La commission avait jugé son compte "insincère et déséquilibré" et avait saisi le Conseil constitutionnel. Le facteur déclenchant ce rejet, un bulletin municipal, daté du mois de décembre, et intitulé "Bilan mi-mandat 2008-2011" présentant un "caractère électoral". "J'avais pris l'engagement auprès des Saint-Andréens de rendre compte de mon bilan à mi-mandat dès 2008. Pour moi, le journal municipal était déconnecté des élections législatives et à aucun moment je ne faisais mention de ma candidature aux législatives", souligne Eric Fruteau.
Pour lui, cette décision est à mettre à l'actif du camp de l'opposition, notamment les Virapoullé. "Ils n'osent pas m'affronter et gagnent sur tapis vert (…). Ils ont peur de se mesurer à moi au suffrage universel", explique-t-il. Mais la population n'est "pas dupe" selon Eric Fruteau. "Zot i veu pa affronte a moi, zot i va affronte a nou", lâche-t-il. Derrière, les militants applaudissent.
Conscient des conséquences de la décision du Conseil constitutionnel, Eric Fruteau veut "continuer" son combat pour Saint-André dans un souci de "transparence et d'honnêteté vis-à-vis de la population". "En 2014, je serai présent. La vie politique continue et je veux sortir Saint-André du fénoir et de l'immobilisme", explique-t-il.
Eric Fruteau n'a pas voulu donner le nom de celui ou celle qui pourrait le remplacer en mars prochain. "Trop tôt pour le dire. Il faut laisser le temps pour cette décision", conclut-il.


