Revenir à la rubrique : Politique

Enfants de la Creuse : Bientôt une réparation pour les victimes ?

Alors que la mémoire autour de la déportation de près de 2000 enfants réunionnais vers l’Hexagone entre les années 1960 et 1980 reste douloureuse pour l’île, Karine Lebon a déposé une proposition de loi pour une indemnisation des victimes. La députée demande également l’instauration d’une commission “vérité et réconciliation” pour faire la lumière sur cette période sombre de La Réunion.
Ecrit par M.B – le dimanche 14 avril 2024 à 15H12

En février dernier, la députée Karine Lebon, aux côtés d’une vingtaine de députés, a déposé une proposition de loi “visant à réparer les préjudices causés par la transplantation de mineurs de La Réunion en France hexagonale de 1962 à 1984”. Une nouvelle étape dans le combat mémoriel pour faire reconnaître le drame qu'ont vécu plus de 2.000 petits Réunionnais durant vingt ans. Malgré l’adoption à l’Assemblée nationale en 2014 d’une “résolution mémorielle” à l’initiative d’Ericka Bareigts, députée lors de cette législature, rien n’avait avancé depuis.

Cette proposition de loi vise justement à aborder un point que l’Etat a toujours refusé d’aborder : une possible indemnisation. “Cela se fera à la demande des victimes, et nous proposons qu’elle prenne la forme d’une prestation sociale. Oui, cela aura un coût, mais pensons une seconde aux conséquences pour certains de ces enfants, qui ont vu leur vie ruinée”, confirme la parlementaire. Le récent refus de l’Assemblée d’indemniser les personnes condamnées pour homosexualité entre 1945 et 1981 inquiète Karine Lebon, mais la députée entend bien aider ceux qui ont eu leur vie bouleversée par leur déracinement. “On ne peut attendre qu’il ne reste que dix enfants de la Creuse vivants pour qu’on se pose enfin la question de l’indemnisation. Aucune prestation sociale ne pourra être à la hauteur de ce qu’ils ont vécu”, poursuit Karine Lebon.

En parallèle de cette question de l’indemnisation, cette proposition de loi prévoit la création d’une “Commission vérité et réconciliation”, sur le modèle sud-africain. Composée de 25 membres nommés par le président de la République, elle devra “faire toute la lumière sur ces faits”, précise la députée. Une journée de commémoration nationale devra aussi être mise en place le 20 novembre “afin de rendre hommage aux enfants de la Creuse, mais aussi à tous les mineurs victimes de mauvais traitements. C’est un symbole fort que de la faire coïncider avec la journée internationale des droits de l'enfant, ajoute la députée, mais nous voulons aussi aller plus loin en créant une 'Maison de l’accueil et de l’immigration' en Creuse. C’est une demande forte des élus du territoire pour, d’une part, mettre un lieu de mémoire, mais aussi un centre d’accueil et un pôle d’activité autour des questions de migrations”.

Cette proposition de loi doit encore être étudiée par la commission des lois de l’Assemblée.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :