Énergies renouvelables : Les bons et mauvais points à La Réunion

La Réunion progresse sur la voie des énergies renouvelables, atteignant un mix énergétique presque 100 % vert, mais des défis subsistent. Entre isolation thermique insuffisante, dépendance aux pellets importés et retard dans les infrastructures de recharge électrique, le bilan de mi-parcours du programme énergétique 2028 révèle des points à améliorer.
Le futur énergétique de La Réunion a réuni, en début de semaine, la présidente de Région, le préfet et divers acteurs du secteur à la pyramide inversée.
À l’occasion de la révision du programme pluriannuel de l’énergie (PPE), un bilan de mi-parcours à l’horizon 2028 a été dressé, fixant les défis du territoire en matière d’énergie pour les années à venir.
Un mix électrique quasiment 100% renouvelable... mais une dépendance à l'import
La première phase du PPE, déployée par l’État et la Région depuis 2019, est considérée comme “une réussite”, assure La présidente de Région, Huguette Bello, qui pointe néanmoins quelques points faibles.
“Nous avons atteint nos objectifs en termes de maîtrise de la demande en énergie électrique”, se félicite la présidente de Région, qui salue également les efforts collectifs en faveur de l’économie d’énergie. Bien que la population continue de croître, la consommation électrique des ménages est maîtrisée sur le territoire. Des efforts restent toutefois à faire, notamment en matière d’isolation thermique.
“Il faut construire autrement, avec une bonne isolation thermique qui facilitera une climatisation plus durable et beaucoup moins consommatrice en énergie”, ajoute Jean-Pierre Chabriat, conseiller régional en charge de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Énergie.
Le second objectif atteint concerne la décarbonation du réseau électrique local. La Réunion est le premier territoire français à atteindre un mix énergétique quasiment 100 % renouvelable.
La Région note “la conversion des centrales électriques à la biomasse, qui a permis un mix électrique composé à 93 % d’énergie renouvelable d’ici la fin de l’année”.
Sur ce point, la dépendance à l’importation des pellets est toutefois relevée. Si la bagasse produite localement est utilisée pour alimenter les usines, sa part reste faible. Ce sont surtout des granulés de biocombustible en provenance du Canada qui sont utilisés pour répondre à la demande. “C’est une hérésie que l’on fasse venir ça d’aussi loin”, reconnaît la présidente de Région.
Des solutions plus proches de l’île sont à l’étude, avec notamment l’ouverture de possibilités d’importation depuis les pays d’Afrique de l’Est. Le déploiement d’éoliennes terrestres et de panneaux photovoltaïques, qui reste insuffisant au vu des capacités du territoire, devrait s’amplifier dans les prochaines années, encouragé par des programmes de soutien mis en place par l’État et la Région.
Une mobilité pas assez douce
Le bilan de mi-parcours de ce programme sur l’énergie à La Réunion à l’horizon 2028 met en lumière deux points d’alerte.
En matière de mobilité, malgré l’essor des véhicules électriques, les Réunionnais restent attachés aux modes de transport classiques. Alors que le programme fixait une diminution de 10 % de la consommation d’énergie fossile, “nous constatons une augmentation de 4 % de la consommation d’énergie carbonée, qui correspond à l’augmentation des usages liée à la croissance démographique”, indique Jean-Pierre Chabriat, conseiller régional en charge de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Énergie.
Autre retard : la mise en place du réseau de bornes de recharge pour véhicules électriques. L’île dispose de 552 prises de recharge publique, soit la moitié de ce qui était prévu par le PPE. Un corridor de bornes de recharge rapide devrait être installé le long des axes principaux.
Au-delà du tournant électrique, à très long terme, “notre véritable objectif (…) c’est plutôt la mobilité à hydrogène, qui nous éviterait l’écueil des difficultés liées à la batterie et à son recyclage”, confie le conseiller régional.


