Encore trop de refus de demandes d’absence pour les fêtes hindouistes

“Une erreur vieille de 56 ans a été réparée, maintenant, on entre dans une phase de pédagogie”, explique en préambule Alain Mardaye. Le président du collectif pour “l’introduction de l’hindouisme à la circulaire du 23 septembre 1967” n’en démord pas : il faut une vraie égalité entre tous les cultes. “On l’a clairement vu le 25 janvier dernier pour le Taï Poosam, où de nombreux agents se sont vu refuser leur demande de jours d’absence, alors qu’ils en avaient le droit. Il y a des dysfonctionnements dans l’application de la nouvelle forme de cette circulaire. Bien sûr, cette demande peut être refusée en cas de nécessité de service, mais les Réunionnais sont des gens responsables. On ne demande pas à s’absenter n’importe comment”, poursuit Alain Mardaye.

“Cela donne parfois une impression d’arbitraire”
En effet, depuis le 17 juillet 2023, le préfet a envoyé un courrier à toutes les administrations de l’île pour qu’elles définissent les conditions d’application de l’ajout de l’hindouisme dans les cultes pouvant demander un jour d’absence exceptionnel pour cause de fête religieuse. “Les agents ont droit à trois jours par an. Le courrier du préfet précise trois fêtes précises, le Nouvel an, le Cavadee et le Navaratri. Mais cette liste n’est pas exhaustive, et les fidèles peuvent décider de célébrer les fêtes qu’ils veulent. C’est aux administrations de faire la comptabilité des jours déjà pris. Or, de nombreux cas nous sont remontés où les agents hindous se voient refuser cette demande à l’oral et donc ne déposent pas de demandes. Pourtant, si refus il y a, il doit être officiel et motivé”, poursuit Alain Mardaye.
“On a déjà répondu à certains que cela ne valait que pour les titulaires, ou encore que le délai était trop court, explique le président du collectif, cela donne parfois une impression d’arbitraire. On veut surtout alerter sur le fait que cette circulaire est totalement différente des demandes pour la reconnaissance de jours fériés”, insiste ce dernier.
De son côté, le député Perceval Gaillard insiste sur “l’égalité de traitement des cultes. On a des services qui ferment carrément pour le vendredi saint ou d’autres jours catholiques. Or, on a parfois l’impression que cela réveille un peu un sentiment d’hindouphobie. Cela est largement comparable aux discours qu’on entend dans l’Hexagone sur l’Islam. On veut une vraie application de la loi, et pas des décisions à la tête du client”, poursuit le parlementaire. D’ailleurs, cette demande avait aussi reçu le soutien de Karine Lebon et de Jean-Hugues Ratenon.
Avec près 250.000 personnes d’origine indienne à La Réunion, l’hindouisme est l’une des principales religions du territoire. “D’autant qu’aujourd’hui, on voit de plus en plus de personnes qui ne sont pas d’origine indienne et qui participent aux cérémonies religieuses. C’est une part importante de la vie de nombreux Réunionnais”, conclut Alain Mardaye.


