En cette fin d’année scolaire, parlons un peu de l’école…
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Les derniers Conseils des Maîtres pour le Primaire et de classe pour le Collège et le Lycée approchent et la question du redoublement devient cruciale pour certains élèves. Les directeurs d’école et les chefs d’établissement ont reçu pour instruction de faire redoubler le moins possible d’élèves (il semble que les redoublements coûtent 30 000 postes d’enseignant)… En Europe, les élèves français restent parmi ceux qui redoublent le plus, malheureusement…
Mais "redoubler" est-ce forcément une mauvaise chose ?
1) oui, le redoublement est inefficace dans le primaire et au collège :
Le redoublement diminue d’année en année dans le Premier Degré… Quelques élèves redoublent encore le CP ou le CE1 (on essaie de leur donner une seconde chance… ils n’arrivent pas à déchiffrer, surtout ceux qui sont nés en novembre-décembre… les plus jeunes en classe connaissent en effet plus de difficultés que les plus âgés. Résultat : un élève né en décembre a plus de chance de redoubler que celui qui est né en janvier !)… il n’en reste pas moins que quelque 12 % des élèves actuels ont redoublé à la fin du CM2… Les Cycles au Primaire devraient permettre de mieux suivre les élèves et diminuer les redoublements qui sont souvent inutiles et inefficaces… ainsi que les PPRE (programme personnalisé de réussite éducative), les Aides personnalisées et les Remises à niveau pendant les vacances scolaires pour le CE1 / CM1 / CM2 . Toute une panoplie de mesures pour éliminer les redoublements !!!
Pourquoi ne pas mettre en place un « Contrat d’Objectifs » qui peut être un outil de réflexion pour l’équipe pédagogique à repérer les points faibles et arrêter les cibles que l'on veut atteindre quelques années plus tard… avec 3 axes ?
- Axe 1 : Réguler la fluidité des parcours des élèves, diminuer le taux de redoublement et améliorer les taux de passage.
- Axe 2 : Accroître la performance des enseignants au regard des nouveaux enjeux pédagogiques (socle commun, évaluations, aides aux élèves et aides aux futurs enseignants).
- Axe 3 : Développer la diversité de l'enseignement des langues vivantes.
Au Collège, la constatation est terrible : 20% des élèves qui ont redoublé leur sixième sortent du système éducatif, sans aucune qualification.
« Un redoublant progresse durant sa seconde année, toutefois, il progresse moins qu’un élève ayant les mêmes caractéristiques et qui est promu… Loin de s’effondrer, les élèves promus progressent davantage que ceux que l’on a fait redoubler », (réf. « Le redoublement au cours de la scolarité obligatoire : nouvelles analyses, mêmes constats », 2005, Ministère de l’EN).
Des études nombreuses montrent d’ailleurs que le redoublement est inefficace dans l’enseignement primaire et au collège… D’ailleurs, dans la célèbre enquête PISA, on constate que les pays qui refusent le redoublement (le Danemark, le Royaume-Uni, la Finlande ou l’Irlande) ont des résultats nettement meilleurs que la France.
Ce qui semble « bizarre »… il y a « classe et classe » … Dans certaines classes, il semble que les appréciations des enseignants sur le niveau d’un élève sont liées au niveau de la classe. Combien de parents ont entendu le prof leur dire: « Votre enfant redouble parce qu’il n’a pas le niveau des autres élèves de la classe ou de l’école qui lui, est très bon »… Ailleurs serait-il passé dans la classe supérieure ? En résumé, on peut dire sous forme de boutade, « on est toujours moins bon que quelqu’un et on risque donc toujours de redoubler si on tombe dans la mauvaise classe ».
Il faut que les enseignants fassent très attention quand ils proposent le redoublement au Primaire, l’élève redoublant sera « stigmatisé » tout le long de sa vie scolaire. Car le redoublement est préjudiciable, en termes de motivation, de sentiment de performance, d’orientation, d’ambition pour l’élève. En fait, on constate que plus les élèves redoublent tôt, plus ils se collent eux‐mêmes sur le dos une étiquette négative qui les suivra tout au long de leur scolarité, sinon de leur vie.
Les profs savent-ils évaluer à bon escient? Sur un plan « normatif », l’évaluation doit avoir pour ambition de fonder des jugements et de préconiser des choix. Elle doit être un outil d’aide à la décision. Sur un plan « cognitif », l’évaluation doit consister à construire, à acquérir et à partager des connaissances. Elle doit autoriser une meilleure intelligence des problèmes traités.
2) Avant ou pendant le lycée, le redoublement peut être utile :
À l’inverse du Primaire et du début du Collège, le redoublement a généralement des effets positifs dès qu’on approche des paliers d’orientation, comme en 3e… D’après le Ministère de l’EN, « Les études conduites sur les panels d’élèves montrent que le redoublement en 3ème ou en lycée est, en général, bénéfique puisqu’il permet à l’élève de combler ses lacunes et de suivre l’orientation de son choix ». Et on constate que selon une étude de 2004, « 79% des élèves qui redoublent une classe de lycée obtiennent le baccalauréat général ou technologique. On est alors proche du taux de réussite sans redoublement : 86% ».
Pour conclure, « redoubler » peut être utile s’il permet de compenser une perte subite des connaissances, l’élève décroche, comme c’est souvent le cas de la 3e à la Terminale …
Notre système scolaire doit encore progresser vers plus d’exigence et de qualité. Nous devons travailler à mettre l’éducation au service de la réussite de chaque élève.
Noé Babet


