En 2012, Nicolas Sarkozy sera de nouveau… Président…

Les faits, venons-en :
Ce Monsieur, depuis son élection en 2007 comme Chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy énerve tous les français et françaises, son côté "bling-bling" agace plus d’un, on se moque de son physique et de ses tics (pas gentil !). Ses alliés centristes menés par Borloo jouent solo, sa côte de popularité est au plus bas mais elle commence à grimpe… et quasiment aucun sondage ne le donne gagnant face au FN ou au PS...
1) Il a eu un lourd dossier à gérer ! Et pourtant :
La grosse crise de 2008-2009 a fait plonger toutes les économies du monde dans le rouge. Alors que bon nombre de pays surnagent encore dans la tourmente, comme la Grèce , le Portugal et même l’Espagne, la France, elle, a déjà sorti la tête de l'eau.
Bien sûr, toutes les séquelles de cette crise mondiale n'ont pas disparue, mais pratiquement les clignotants sont tous repassés au vert (la croissance commence à grimper et le chômage est en recul). Alors que s'amorce la dernière ligne droite vers la présidentielle, c'est un plus considérable pour Nicolas Sarkozy.
Goyavier sur le gâteau, la Ministre de l’économie Christine Lagarde va sans doute être élue à la présidence du FMI (en remplacement de celui qu’on connaît). Une proche du président français à la tête d'une des plus importantes institutions financières de la planète... c’est le grand jackpot !
Ce thème, l'économie, ne fait pas une réélection présidentielle à lui tout seul, mais il va y contribuer sûrement.
Ajoutons-lui les autres grandes craintes ou préoccupations des Français : l’emploi, le chômage, le pouvoir d’achat, la sécurité, l'immigration, l’Europe, la mondialisation. Sur d'autres sujets comme l’écologie et l’éducation, à mon avis, ils joueront un rôle mineur… Dommage !
2) Nicolas Sarkozy peut se féliciter d’un bilan correct :
Au fur et à mesure que 2012 approche, le débat politique qui s'articulait presque exclusivement sur la "personnalité" du chef de l'Etat va s'orienter vers une confrontation de projets, une analyse des résultats et là, sans être excellent, le bilan général de Nicolas Sarkozy est correct… presque 15/20 si on lui donne une note.
Les lepénistes et les socialistes de tout bord, qui sont les grands et principaux opposants de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République en 2012, ne cessent de le critiquer. C'est une bonne guerre, ils remplissent leur rôle de partis d'opposition. Mais maintenant, ils vont devoir proposer des solutions concrètes et chiffrées pour prétendre représenter une alternance politique crédible et acceptable sans démagogie... C’est là que les choses sérieuses vont commencer.
-Le projet socialiste : lui, il est basé sur beaucoup plus de partages, plus de tolérance envers les immigrés, beaucoup plus de fonctionnaires, une politique sécuritaire moins répressive ("La France tranquille", chère à un certain Mitterrand)... Ce sont des idées qui sont louables. Mais il n’est pas certain que les deux-tiers des Français qui vivent correctement veuillent voir leurs impôts augmenter pour aider les plus démunis !
Il n’est pas sûr que les Français en général acceptent la régularisation de milliers d'immigrés clandestins…
Et il n’est pas non plus certain que les Français en général ne soient favorables à un assouplissement de la politique sécuritaire…
De plus, les socialistes vont encore devoir faire le grand écart entre leurs alliés de l'extrême gauche, du centre gauche et les écologistes….
Les vieux démons dépensiers n'ont pas tout à fait quitté le Parti socialiste… le projet pour 2012 présenté début avril par la première secrétaire du PS n'échappe pas à trois péchés capitaux après une crise de la dette publique qui ne laisse plus à aucun Etat de la zone euro, sous la pression des marchés, le moindre droit à l'erreur. A savoir :
- Des dépenses publiques massives et sous-évaluées
- Des prélèvements fiscaux massifs et surestimés
- Une réduction différée et risquée du déficit
La question du nucléaire risque fort d'empoisonner les rapports entre ceux qui sont pour au PS et les Verts qui y sont opposés. Et puis, ce sujet fournit à la droite une arme redoutable pour les joutes politiques à venir. On parle ici d'indépendance énergétique, de prix de l'électricité... Ce sont des sujets hautement sensibles.
-Le projet de Marine Le Pen : il est basé sur la sortie de la zone Euro et un retour au Franc, le rétablissement des frontières avec le rétablissement des droits de douanes, une lutte contre l'immigration illégale, la double nationalité, la réaffirmation d'une France blanche et catholique... Tout cela sent le retour aux années 1940.
Je ne pense pas que les Français dans leur grande majorité acceptent de tout remettre en cause alors que la situation du pays est relativement bonne. J’invite ceux et celles qui doutent à regarder un peu ce qui se passe ailleurs... Ils se rendront compte que nous ne sommes pas si mal lotis que cela… n’est-ce pas ?
Les lepénistes et les socialistes ont leurs amis fidèles. Pour sortir vainqueur de la présidentielle, il faut réunir au-delà de son camp... Et ce n’est pas gagné du tout...
Pour finir, un mot sur la mondialisation. Cette affaire fait peur aux Français… Il ne le faut pas ! Car la détermination et l'aisance de Nicolas Sarkozy lors des sommets internationaux rassurent tout le monde. DSK était fait du même métal et donnait la même impression de maîtrise, mais ses conneries ont eu raison de lui.
Finalement, quoiqu’on en dise, je ne suis pas persuadé que cela soit le cas pour Marine Le Pen, François Hollande ou Martine Aubry et autres candidats potentiels.


